En passant Woman

Quand-à-moix

22 janvier 2019

L’important n’est pas de savoir s’il a raison ou s’il a tort. Il fait bien ce qu’il veut. La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres, dit l’adage. Même la liberté des cons.
On a beau dire, ses préférences n’entravent aucune liberté.
Son choix est un choix qui a priori ne fait de mal à personne.
Dans l’absolu.
A priori.

En réponse, les réseaux lui montrent des dents et des fesses.

Que lui reproche-t-on ? Son penchant ou ses mots ?

Certains préfèrent les brunes, d’autres les rousses. Certains préfèrent les garçonnes, d’autres les ultra-féminines. Lui, il préfère les jeunes, et si possible asiatiques. Il est “incapable d’aimer une femme de 50 ans” comme d’autres sont incapables d’aimer une femme tout court.

Comme disait Evelyne, c’est son choix.

Il a dit publiquement ce que beaucoup d’hommes (beaucoup j’ai dit, pas tous… du calme…) pensent au fond d’eux.

Emmanuel et Brigitte ne font pas école.

On le sait. On le voit. On le vit. Tout le temps.

Alors quoi ? Depuis quand on est choqué par une habitude ? S’étonner que les hommes préfèrent les jeunes femmes, c’est comme s’étonner que notre planète meurt de jour en jour, que notre ciel est bleu ou que le gras fait grossir.

L’attrait de la jeunesse est et a toujours été. Point barre. Les femmes ont toujours été vues comme un joli produit consommable jusqu’à sa date de péremption.

Le Yann ne dit rien de nouveau. Le Yann dit seulement. Et dans Marie-Claire en plus.

S’il avait dit dans QG, ne lui aurait-on pas reproché davantage ? On s’en fout en fait…

Après,… l’invisibilité, le « pas extraordinaire »… C’est son avis.

Je suis la première à m’étonner de ma non-réaction. Sans être féministe, je suis généralement la première à défendre la femme.

Mais là. Défendre contre qui ? Contre quoi ?

On tape sur le Yann alors qu’on pourrait taper sur tellement d’autres choses, tellement d’autres personnes.
Sur ces magazines, Marie-Claire compris, qui font leur une qu’avec des minettes.

Vous avez vu une femme de 60 ans, une mannequin inconnue de tous, en couverture de Marie-Claire ou Elle ? Non. Les mannequins de 50-60 ans sont en couverture de notre Temps. Même Femme Actuelle ne se frotte pas aux rides.

Citez-moi une pub de parfum qui met en avant un mannequin de 50 ans ? (Je ne parle toujours pas de célébrités style Sharon et compagnie.)

Citez-moi des femmes de 50-60 ans animatrices télé ou journalistes TV.
Claire Chazal ? Remerciée puis déplacée dans un endroit moins visible.
Catherine Ceylac ? Evincée.

Michel Drucker, 73 ans. Toujours là.
Jean-Pierre Pernaut, 65 ans Toujours là.
Nelson Montfort, 62 ans. Toujours là.
Georges Pernoud, 68 ans. Toujours là.
Jean-Jacques Bourdin, 66 ans. Toujours là.
Thierry Ardisson, 67 ans. Toujours là.
Dominique Chapatte, 67 ans. Toujours là.

Citez-moi une influenceuse de plus de 50 ans ? Les réseaux sociaux sont le visage de la jeunesse. Les filtres pleuvent sur nos visages les rendant de plus en plus juvéniles. J’ai commencé à bloguer en 2004. En 2019, avec mes années en plus, je me demande où je vais.

Avant, on se contentait de se teindre les cheveux. Aujourd’hui, on scrute le moindre pli, la moindre tâche de marguerite de cimetière. L’âge moyen du premier lifting est passé de 50 ans dans les années 90, à 42 ans aujourd’hui. J’ai trois ans de retard.

Soulever une poussière est plus facile que de soulever des montagnes.

On tape sur le Yann, car c’est plus simple de taper sur un que sur tous.

Et puis, en même temps, en attendant, ça nous permet de ne pas voir l’ampleur de la tâche. On est comme le petit singe, on a les mains sur les yeux.

On fait juste plaisir à notre fainéantise.

Alors, arrêtons nos conneries.

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