En passant

“JUSTE LA FIN DU MONDE” DE XAVIER DOLAN : JUSTE NOS VIES

24 septembre 2016

 

“La journée se terminera ainsi, comme elle a commencé, sans nécessité, sans importance.”

Ne pas arriver à dire.

Ne pas arriver à entendre ce que l’on imagine déjà.

Des conversations terminées avant d’être commencées.

On est plongé dans cette famille complètement explosée, autant de dedans que de dehors. On les regarde sur cette toile grand format et on se rassure avec cette blanche séparation entre eux et nous. Le film et le quotidien, les acteurs et les vrais gens, le scénario et la vraie vie.

Mais nan.

Cinq personnes que l’on découvre mais que l’on connaît déjà. Autant de dedans que de dehors.

On a tous un jour voulu dire sans y parvenir.

On a tous un jour manqué d’écoute, jusqu’à ne plus tenter d’être écouté.

On a tous un jour oublié d’écouter, inconsciemment ou non.

On s’est tous un jour forcé à croire à un château de sable perdu.

On a tous un jour préféré imaginer plutôt que d’être confronté à une vérité peut-être trop effrayante. Oui… les “peut-être” suffissent parfois à barrer les routes.

“Juste la fin du monde” n’est pas “juste” un film, ce sont nos vies que Xavier Dolan harponne. Il dissèque nos névroses à la loupe de sa caméra. Il cadre les visages comme des paysages et les peaux comme des déserts étrangers. Il fixe la lumière dans des respirations étouffantes et addictives.

On est plongé au sein d’une bombe. On transpire, la gorge nouée. Mais on ouvre grand les yeux, assoiffés. Xavier Dolan comme un révélateur, une explication.

On ressort ne sachant pas s’il faut être silencieux ou faire le con.

“Juste la fin du monde.”

J’aime Xavier Dolan.

 

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