Cité En passant

REGARDER DROIT DANS LE SOLEIL

1 octobre 2013

« Droit dans le soleil« , premier titre de Détroit.

Bertrand Cantat. Pascal Humbert.

Le talent est toujours au rendez-vous.

«Tous les jours, on retourne la scène. Juste fauve au milieu de l’arène. On ne renonce pas. On essaie de regarder droit dans le soleil.»

Au-delà de la polémique. Parce que le sujet est sensible. Je le vois bien. Je le sens bien. Je sais tout ça et le reste avec.

C’est presque impossible de dire que l’on aime Noir Désir, que l’on aime Bertrand Cantat. Dire aux yeux de tous que sa voix, sa poésie, son trouble, son blanc et son noir, oui, que l’on aime tout cela. Dire aux yeux de tous que je suis contente de le réentendre. Que j’attendais. Que cela me fait du bien de réécouter sa voix. Que ces mots font résonance en moi. Aujourd’hui comme hier.

 » Et ton cœur au labo de lumière,  quand l’amour revient à la poussière… On ne se console pas, on essaie de regarder droit dans le soleil. »

Parce que Cantat a toujours eu ça avec moi. Ces mots-là.

« À la croisée des hommes sans sommeil , l’enfer règne autant que le ciel, on t’avait dit que tout se paye, Regarde bien droit dans le soleil… Tourne, tourne la terre, tout se dissout dans la lumière, l’acier et les ombres qui marchent à tes cotés. »

Ils seront assez nombreux ceux qui se révolteront. Crêpe Georgette l’a très bien fait ici. Je comprends évidemment. Quelle femme, quelle personne serais-je si je ne comprenais pas ?

Mais j’aime ce mec-là.

Cela ne veut pas dire que je pardonne. Aimer ne signifie pas tout accepter de l’autre. L’affection n’est pas acception.

Oui, il a donné la mort. Oui…

Et pourtant, j’aime l’artiste qu’il est.

Tous les jours on retourne la scène
Juste fauve au milieu de la reine
On ne renonce pas à la scène,
de regarder droit dans le soleil

Et ton cœur au labo de lumière
Quand l’amour revient à la poussière
On ne se console pas on essaye
de regarder droit dans le soleil

À la croisée des hommes sans sommeil
L’enfer règne autant que le ciel
On t’avait dit que tout se paye
Regarde bien droit dans le soleil

Tourne, tourne la terre
Tout se dissout dans la lumière
L’acier et les ombres qui marchent à tes cotés

Quand le parfum des nuits sans pareil
Et l’éclat des corps qui s’émerveille
S’élèvera vite un goût de miel
On regardait droit dans le soleil

Les serments se dispersent dans l’air
Et les mots qui retombent à l’envers
On ne sait plus comment ça s’épelle
Regarder droit dans le soleil

Tourne, tourne la terre
Tout se dissout dans la lumière
L’acier, les ombres qui marchent à tes cotés

Assiégé par le chant des sirènes
Sentinelle au milieu de la plaine
Le tranchant de l’œil et des veines
Pour regarder droit dans le soleil.

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10 Comments

  • Reply Gazziéro 1 octobre 2013 at 7 h 32 min

    Voilà c’est très bien dis et je suis heureux de savoir que l’on est plusieurs à ressentir cela.

    • Reply Cristophe 1 octobre 2013 at 13 h 56 min

      Hop ! Ce billet veut éviter la polémique, peu importe, une personne veut y retourner…

  • Reply Camille 1 octobre 2013 at 12 h 36 min

    Pour certaines personnes, ça semble tellement inconcevable de dissocier l’artiste de l’homme. En laissant de côté la polémique, c’est bien du retour de l’artiste dont on parle. Certains mélangent tout. Il ne s’agit pas de pardonner, de laisser passer, de fermer les yeux, simplement d’accueillir ce que l’artiste veut partager avec nous. Personne n’est forcé d’écouter. Juste, ne pas mélanger les actes (aussi affreux soient-ils), & la musique, la création qui aura toujours sa place, son utilité.

  • Reply Manue 1 octobre 2013 at 12 h 49 min

    C’est vrai que c’est devenu impossible de communiquer positivement sur Cantat … et pourtant je l’aime infiniment et j’ai, en tant que juriste, le regard sur quelqu’un qui a payé sa dette à la société, en plus … Sachant qu’en lui son geste ne s’effacera jamais. Alors merci de tes mots. Vraiment.

  • Reply Cristophe 1 octobre 2013 at 14 h 07 min

    Même du temps où j’écoutais beaucoup et allais voir en concert Noir Désir (pas après Tostaky), je considérais Bertrand Cantat comme un pseudo-poète (terme pas très gentil), je trouvais que les textes sonnaient bien avec la musique mais je ne m’attardais pas sur les textes seuls. Là pareil.
    Ce morceau se laisse écouter, il ne m’ôte pas la curiosité de jeter une oreille sur l’album, peut-être aimerai-je, peut-être n’aimerai-je pas…

  • Reply GuiguiAbloc 1 octobre 2013 at 18 h 05 min

    Je ne peux que plussoyer ce billet. J’ai eu la chance de rencontrer Bertrand Cantat (et d’autres membres de l’équipe) au milieu des années 80 et l’aura qu’il dégageait m’avais déjà encenser. Oui il est difficile de dire j’aime Cantat, l’artiste, le poète, l’écrivain pour plein de raisons évoquées, parce que de bons penseurs s’arrètent à l’homme. Alors oui, je suis terriblement heureux de l’entendre à nouveau, d’avoir sa voix et ses textes entre mes oreilles et je suis ravi que tu en parles, ça fait du bien à tous, fan de la première heure.

  • Reply caro 1 octobre 2013 at 19 h 27 min

    La voix qui prend les tripes. Du coup on se refait une rétrospective des vieux morceaux. ..et que c’est bon !
    Serait il le même artiste sans cette dualité ? Tant pis….j’écoute quand même un ange sur une épaule et un diable sur l’autre.

  • Reply jcfrog 1 octobre 2013 at 22 h 29 min

    « Mais j’aime ce mec-là. »

    oui je crois que tout est là.

    moi je n’aime plus ce mec là.

  • Reply Emmanuel 3 octobre 2013 at 11 h 19 min

    C’est dur.
    C’est très dur.
    Moi, je n’aime plus trop ce mec.
    J’aime son oeuvre, son talent.
    Quand on connait Noir Désir, quand on a vu Cantat en concert, on sait.
    On a toujours su, la déchirure, la violence.

    Le talent est là mais les faits sont graves.
    Moi, j’écoute toujours Cantat mais presque en cachette.

    C’est de plus en plus dur de dissocier l’artiste de l’homme.
    Son oeuvre est tellement « personnelle » tellement centrée sur ses sentiments qu’on en vient à se sentir voyeur en écoutant les paroles, en voyant son visage.
    Cantat en tant qu’interprète ça passait encore, Cantat en tant qu’auteur ça serait supportable mais les deux en même tant c’est vraiment compliqué.

    Je suis vraiment déboussolé par ce clip, et cette chanson.

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