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[EXCLU] MON INTERVIEW DU GROUPE FAUVE

17 septembre 2013

Tu te demandes si t’es une bête féroce ou bien un saint.Mais tu es l’un, et l’autre. Et tellement de choses encore.Tu es infiniment nombreux.Celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche. Et tous les autres ensemble.Trompe toi, soit imprudent, tout n’est pas fragile.On attend rien que de toi, parce que tu es sacré. Parce que tu es en vie.Parce que le plus important n’est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d’être.

interview-groupe-fauve-ladyblogue-4C’est une amie qui m’a parlé du groupe FAUVE. A l’époque, je ne les connaissais pas du tout. J’ai cliqué sur un lien Youtube  et j’ai écouté “Blizzard”. Et là, il s’est passé un truc. Etrange. La chanson a démarré, premières notes,  guitares, et bing, une voix qui lâche. La décharge. Impossible de bouger, impossible de faire autre chose. Le corps s’est arrêté,  le cerveau s’est concentré, intrigué. Il fallait stopper toute chose. J’ai écouté l’EP de FAUVE pratiquement sans bouger, l’oreille tendue, les yeux baissés. La musique, les textes, les mots choisis, la voix, le ton. Même les imperfections m’ont remuées.

Cela fait très longtemps que je n’avais pas écouté un groupe Français à la stature de FAUVE. Les titres sont hargneux, vivants, incisifs, violents. Chez FAUVE, violent ne signifie pas négatif, au contraire. Chez FAUVE, la violence des mots est source de vie, de hargne passionnelle. Certaines phrases sont, à mon sens, déjà des références.

Sainte-Anne m’a foutu une gifle. Putain de texte. Un texte comme j’aime, un texte comme j’aimerais écrire, comme j’aurais aimé écrire. Sainte-Anne, putain, vous écoutez cette chanson, vous lisez les paroles en même temps et vous sentez votre ventre se replier sur lui-même, votre gorge se serrer, vous retenez vos yeux parce que non, quand même vous n’allez pas vous mettre à chialer en écoutant ça, non, mais putain comme vous aimeriez vous pourtant lâcher. Sainte-Anne…

Et les autres titres sont du même acabit. Ils vous prennent à la gorge, l’air de rien, l’air de tout.

J’ai tout de suite voulu en savoir plus sur eux. J’ai alors envoyé un mail demandant une interview, comme ça, parce que qui ne demande rien n’a rien comme on dit. Je pensais naïvement que FAUVE était un groupe encore inconnu. Et puis j’ai ensuite vu que Fauve avait déjà plus de 73 000 fans sur leur page Facebook (108 784 aujourd’hui) et plusieurs dizaines d’interviews dans des magazines comme L’Express ou les Inrocks. FAUVE est partout. Je me suis dit que c’était mort. Que FAUVE n’allait pas me répondre, que FAUVE n’allait pas avoir/prendre le temps, que FAUVE avait autre chose à foutre. Et puis les surprises de la vie font que j’accède parfois à ce que j’appelle encore et toujours, toujours et encore “L’éphémère en continu”. Un mail, un autre, des échanges SMS, un coup de fil.

FAUVE a accepté mon interview. Gentiment. Simplement. Merci à eux.

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INTERVIEW

// Ladyblogue : Vous restez très mystérieux sur la composition du groupe, du “collectif”. Combien de personnes (j’ai lu 5 garçons…), quels noms, quels âges (j’ai lu la trentaine…), quels parcours, quels visages, vous ne donnez pratiquement aucune réponse. Peur des projecteurs ou buzz étudié ?
FAUVE : Cette question revient souvent et on nous taxe parfois d’être un projet « marketé », « orchestré », « volontairement mystérieux ». Très sincèrement, on se sent loin de tout ça. Ceux qui connaissent le truc depuis le début savent bien qu’on a toujours été comme ça.
On ne cherche pas a être mystérieux, nous souhaitons rester discrets, on ne met pas de masques, les gens peuvent nous voir, en concert, ou sur internet dans des vidéos live prises au téléphone. On n’est pas des robots, on est des gens normaux qu’on peut parfaitement croiser dans la rue. Par contre, quitte à choisir, on préfère ne pas nous exposer personnellement à travers les médias. Ce n’est donc pas une volonté de stimuler un questionnement, au contraire, on aimerait plus focaliser l’attention sur le projet en lui-même et non les gens qui le composent.
interview-groupe-fauve-ladyblogue-5Au départ, ça a été une question de pudeur. Nous ne sommes pas plus que ça à l’aise avec notre image perso, on n’est pas du genre à aimer les photos de famille non plus en vrai. On aurait jamais pu assumer prendre des « photos de presse » classiques, posées, ça ne nous aurait vraiment pas ressemblé, on le sentait pas du tout comme ça…
Le plus important est de privilégier le projet, c’est ce qui est important pour nous, et non les gens qui le composent. Nous sommes un collectif à géométrie assez variable qui ne se suffit sûrement pas aux 5 personnes qu’on peut voir sur scène… Par respect envers tous les membres du collectif, nous ne souhaitons pas identifier le projet autour de ces 5 personnes en particulier. D’ailleurs, sur le peu de photos « de presse » qui circulent, on peut remarquer qu’on est jamais le même nombre. Ce n’est pas toujours les mêmes personnes non plus en fait.
En bref, oui c’est voulu, mais plus pour une question de discrétion et de pudeur que de celle d’une stratégie quelconque.

// Ladyblogue : Pour ceux qui ne vous connaissent pas du tout, pour ceux qui n’ont jamais entendu votre nom, votre musique, pouvez-vous expliquer votre démarche, le “FauveCorp” ?
FAUVE : C’est difficile comme question, de se décrire soi-même ! On est un collectif qui s’exprime à travers des textes, de l’image, de la musique. On raconte nos vies ou celle de nos proches, pour expulser, parce que ça nous fait du bien. Musicalement, ça se matérialise par une musique un peu hip-hop, électro, rock… Avec du “parlé” par-dessus, pas chanté, pas du slam, ni du rap non plus, on ne se contraint pas avec les rimes, les pieds, les vers, on parle tout simplement.

interview-groupe-fauve-ladyblogue-3// Ladyblogue : Je suis de la génération Collard. Le nom de votre groupe et votre titre “Nuits Fauves” font référence à son film. L’écriture de “Nuits fauves” et l’écriture des dialogues du film sont très proches, comme si une et même personne avait écrit le tout. Pouvez-vous nous parler des deux “Nuits Fauves”, chanson et film  ?
FAUVE :  En fait le terme FAUVE est apparu pour nous avant même qu’on voit le film. Bien sûr le film y est pour quelque chose, mais c’est plus tout ce qui entourait ce film à l’époque, son côté « sulfureux », libre, ce parfum d’interdit qu’il portait. On était un peu jeunes pour l’avoir vu à ce moment-là, mais on se souvient de l’atmosphère autour de sa sortie. On a choisi le nom en partie pour ça, ce côté un peu dangereux, incontrôlé, quelque chose qu’on peut exprimer sans contrainte.
On s’est rattrapé ensuite en ce qui concerne le film, et ce qui est frappant, c’est qu’il raconte vraiment une envie, un besoin de vivre, ce qu’on peut exprimer aussi dans certains de nos titres et de nos textes. On le faisait avant, mais oui on s’identifie un peu à cette façon de voir les choses, donc on continue tout autant.

// Ladyblogue : Votre écriture mêle langage de rue et poésie. Le tout donne des titres résolument humains, des titres qui vous choppent à la gorge. Etes-vous conscient de l’effet de vos paroles sur nous, ceux qui vous écoutent ? Etes-vous conscient de la décharge, de l’électricité que vous délivrez ?
FAUVE : Honnêtement c’est difficile pour nous de prendre la mesure de ça… On est vraiment sur le cul quand  des gens nous disent que ça les touche. On a toujours fait ça pour nous, pour vider notre sac, vider le trop plein, pour aller mieux. Notre démarche est complètement égoïste à la base, et le reste. Donc quand on rencontre des gens qui nous disent que ce qu’on fait est important pour eux, on est nécessairement étonnés. Même après plusieurs fois, on n’arrive pas à prendre conscience de ça, non. Par contre, on trouve ça super évidemment, que ça puisse servir à des gens comme ça nous sert à nous, c’est génial !

// Ladyblogue : Dernière question, pour écrire des trucs pareils, quel type de blizzard vous a donc atteint ?
FAUVE : Rien de très original en fait, quelque chose qui peut toucher beaucoup de monde. Des vies de bureau, pas forcément infernales, mais pas très exaltantes non plus. La monotonie, le côté morne, plat, protocolaire, étriqué de la vie. La sensation d’être sur des rails pour la plus grande partie de ta vie sans rien pouvoir y faire, d’être emprisonné dans une routine implacable. C’est ce qui a été notre moteur pour démarrer le projet.

 

Merci au groupe FAUVE, à Quentin en particulier, à Henri et à Mathilde. Je vous embrasse…

 

fauve-concert-brest-vaubanPour info, FAUVE passe en concert à Brest à la salle Vauban le jeudi 7 novembre.
Un événement Facebook a été créé.
Allons-y ensemble : inscrivez-vous !

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1 Comment

  • Reply Interviews avec FAUVE | The Little Corner 16 janvier 2014 at 14 h 03 min

    […] – Interview par une blogueuse – LadyBlog – […]

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