Mes rencontres

MA RENCONTRE AVEC MATTHIEU CHEDID (PARTIE 2) : LE FILM

23 juillet 2013

Pour ceux qui n’ont pas lu le début de l’épopée :
la partie 1 de ma rencontre avec Matthieu Chédid, “Le roi des ombres”, est juste là…

Me voilà donc garée n’importe comment sur le bas-côté, sur une route je ne sais où.
Nuit noire.
Pas un lampadaire allumé, pas un phare de bagnole, pas une étoile.
Je rappelle Jean-Luc.
– Tu es où ?
– (penaude) Dans ma bagnole, sur la route du retour, je ne pensais pas que tu allais m’appeler maintenant…
Ah, mince !
– (menteuse) mais je suis juste à côté, pas de souci, dis-moi, je fais demi-tour !
Oui, mais j’en sais rien, aussi bien tu ne le verras pas, ou tu le verras juste deux secondes ou plus, je n’en sais rien, je ne peux rien te promettre…
T’inquiètes pas, j’arrive, je t’appelle quand je suis sur place. Donne-moi 10 petites minutes !

Et là, je bouillonne. Je bouillonne parce que 1/ je m’en veux à fond d’être partie du site  et 2/ je sais que je ne suis pas à 10 petites minutes.

Il faut que je speede.

Demi-tour. GPS, Carhaix centre. Je roule vite. Trop vite. Je le sais. Je fais gaffe quand même, hein, je ne suis pas folle, mais en fait oui, je roule vite. Je parle toute seule dans ma bagnole, des “putain, bordel, fais chier !” fusent dans tous les sens. Je me sens tendue, les bras nerveux.

J’arrive enfin dans le centre de Carhaix. C’est un vrai merdier. Je vais à l’opposé de toutes les autres bagnoles, les festivaliers envahissent le bitume. Slaloms, virages, je tourne. Impossible de trouver une place, je tente de retrouver “mon” parking, mais la panique, le stress et mon sens très féminin de l’orientation (ouais) font que je ne le retrouve pas.
Les routes que j’ai prises en partant du site ne sont pas ou plus accessibles dans l’autre sens. La pression monte. Je vois l’heure sur mon portable, les 10 petites minutes promises à Jean-Luc sont dépassées.

gendarme-tactique-ladyblogueRalentissant à un rond-point pour y voir plus clair sur les panneaux, un agent de police se dirige vers moi. Chouette, il voit que je suis paumée, il va m’aider.
“Madame, bonsoir, c’est un contrôle alcoolémie.”
C’est quoi ce bordel ?? Je me speede comme une débile pour aller sur le site des Charrues pour peut-être rencontrer Matthieu Chédid et un flic m’arrête pour souffler dans le ballon !?! Comme si je n’avais que ça à faire !
Je me fais alors la réflexion que décidément, la police n’est jamais là où on l’attend. Les rues sont pleines de gens aux veines alcoolisées et c’est moi qu’on contrôle ! A moins que monsieur l’agent m’ait reconnu et pense que j’ai bu des mojitos avant… Ou alors, il m’a vu tourner dans Carhaix, passer, passer et repasser devant lui, me voyant crier comme une déglinguosse dans ma bagnole. Fort possible…

Je souffle.
– Vous n’avez pas soufflé assez fort, il faut recommencer.
Envie de lui bouffer le képi… Je ressouffle, comme une pro du soufflement, comme la championne du monde du soufflement, je souffle comme jamais personne n’a jamais soufflé dans ce p***** de truc en plastique.
Monsieur l’agent fait le moue.
– Vous avez consommé de l’alcool ?
Putain de bordel, qu’est-ce que qu’il me fait le stroumph là ?? Je ne me sens pas saoule du tout, même pas gaie, je suis “juste” dans un état de nerf proche de l’internement, voir du crime.
J’essaie de me souvenir du nombre de bière que j’ai bu au festival. 3 ou 4 Grimbergen + un verre de cidre. Mais rien depuis au moins 3 heures.
C’est la loose totale, si je loupe -M- à cause d’un contrôle alcootest, je me promets de me saouler au mojito en dansant le Mojo.
Mo-mo-mo-mo-mo-mo-mo-mo-ji-to !
Je réponds :
Une bière ou deux, oui...
Monsieur l’agent refait la moue. Ou peut-être est-ce mes yeux palpitants qui déforment les choses.
Je précise :
– …mais c’était cet après-midi. Rien depuis quelques heures.
Non non, mais tout va bien, Madame, c’est impeccable, vous pouvez y aller. Bonne soirée !

Bonne soirée, bonne soirée !! P***** ! Je fous le contact et me casse de cet endroit.
Problème réglé.
Au suivant : trouver une place. Mais une place près du site, pas le temps de marcher pendant des heures.
Je tourne, je tourne, je tourne. L’heure aussi…
Je vois un mec de la sécu.
S’il vous plait ? Il faut absolument que je retourne sur le site le plus vite possible. Par où je peux passer ?
Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? me demande le mec, l’air fermé.
On m’attend dans les loges.
Ouais je tente le truc, la phrase “je me la pète”, la phrase qui veut dire que si tu ne m’aides pas, t’es vraiment pas “cool”.
Qui vous attend dans les loges ?
Jean-Luc Martin, le président des Charrues.
Temps d’arrêt. Le mec me montre une pancarte VIP derrière lui.
Passez par là, au fond y’a un parking. Garez-vous là, c’est à deux pas du site.

m-express-ladyblogueJe le bénis des dieux et file direct. J’ai l’impression d’être dans un Pekin Express revisité. Je suis dans le “-M- Express” !!!

C’est bon, je me gare. J’appelle Jean-Luc pour lui dire que je suis là, tout proche. Je tombe sur son répondeur. Je ne sais pas si c’est parce qu’il est déjà en ligne ou si c’est parce que on ne capte pas sur le site.

Je file. Je suis à deux pas des loges.
C’est bon, je suis devant.

Mecs de la sécu.
Baraques.
Un groupe de festivaliers leur prend la tête pour pouvoir entrer dans les loges, je suppose pour voir Matthieu Chédid.
Les mecs de la sécu ne bronchent pas. Ils restent les bras croisés, stoïques.

Je me dis que c’est mal barré pour moi.
C’est sûr, je pourrais attendre là, attendre que Jean-Luc me rappelle, mais je ne peux pas rester en place. Si c’est un problème de réseau, si je reste là, c’est mort. Alors, je m’engouffre dans la technique  du “Vas-y, tente l’affaire ! Continue ! “.

J’explique aux mecs que je suis attendue dans les loges. Qu’il faut qu’ils me laissent passer. “Non, non je n’ai pas de badge, mais c’est important, croyez-moi.” J’appelle Jean-Luc, toujours rien. Combien de temps s’est-il écoulé depuis son dernier appel ?
J’insiste. Je leur dis que le président des Charrues m’attend. Je sens les mecs de la sécu faiblir. Un des festivaliers qui voulait rentrer se greffe à moi.
Ah bah voilà, je rentre avec elle !
– Non, non, moi, je rentre, mais toi, tu restes là.
Je suis d’un naturel altruiste, mais là, non, je ne pense qu’à ma gueule.
Les mecs de la sécu sont saoulés par le groupe a moitié bourré. A côté, je passe pour une sainte. Ils me laissent passer. Ils voient ma bonne foi. Merci à eux.

Je suis maintenant de l’autre côté de la barrière.

Y’a personne. Je croise un gars, il me dit qu’il fait partie du groupe “je-ne-me-rappelle-plus-du-nom”. Ok.
Je trace.
Des techniciens sur la gauche.
Je trace.
Pas envie que l’on me dise “Hep hep hep, qui vous êtes vous ? Qu’est-ce que vous faites là ?“.

Je me faufile entre deux algécos.

Ca y est. C’est là.

Les loges sont devant moi.

Loges vieilles charrues

(LA SUITE ET FIN DE LA RENCONTRE EST A LIRE ICI)

(Je n’avais pas prévu que ça dure plusieurs billets, mais vous avez vu un peu tout ce qu’il y a à raconter !!!!!!!)

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