Cité En passant

La vie en noir de l’ours blanc

11 mars 2013


La protection de l’ours polaire ne sera pas renforcée. Jeudi dernier, le 7 mars, les Etats réunis à la conférence de la Convention sur le commerce
international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction 
(Cites), qui se tient à Bangkok jusqu’au 14 mars, ont rejeté la proposition des Etats-Unis et de la Russie d’interdire le commerce international de cette espèce emblématique, sous la pression du Canada.

« Le Canada a refusé jeudi d’appuyer une proposition
internationale qui aurait permis d’interdire le commerce des ours polaires et
des produits dérivés de cette espèce de plus en plus menacée en raison de la
fonte des glaces provoquée par les changements climatiques.

L’idée a été suggérée par les États-Unis dans le cadre de la
rencontre annuelle des États membres de la Convention sur le commerce
international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.
En fait, les représentants américains présents à Bangkok auraient souhaité que
les peaux d’ours polaires, les têtes et les autres produits dérivés de leur
chasse se retrouvent dans la même catégorie que l’ivoire des éléphants
africains. Ces produits peuvent se vendre plusieurs milliers de dollars.

Toutefois, seulement 38 délégués ont voté pour la
suggestion, contre 42 qui ont voté contre et 46 qui se sont abstenus. Le
Canada, l’Union européenne et la Norvège sont au nombre des opposants à cette
mesure. Ottawa a affirmé qu’un interdit commercial ne réduirait pas le nombre
d’ours abattus lors de chasses traditionnelles ou sportives.

On retrouverait entre 20 000 et 28 000 ours polaires à
travers le monde, dont les deux tiers en sol canadien. Washington estime que
les changements climatiques menacent l’habitat des ours et que des mesures
anticipées sont nécessaires pour les protéger.

Plusieurs scientifiques sont aussi de cet avis. En fait, la
situation est à ce point dramatique que certains experts jugent nécessaire de
poser des gestes radicaux. Ils proposent notamment d’envisager de distribuer
des phoques prêts à manger aux ours dans la nature, de les parquer dans des
centres animaliers durant l’été ou encore d’en euthanasier certains.

En dernier recours, les zoos pourraient bien devenir le
dernier refuge de ces animaux. On pourrait ainsi protéger une petite partie du
bagage génétique de l’espèce, mais dans un cadre totalement artificiel. »

(Article : Le devoir)

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