En passant

Enivrez-vous

7 février 2013

J’aime lire. Vous le savez. Ce n’est pas le genre littéraire qui m’importe. Je n’ai aucune barrière, je lis de tout. Roman, théâtre, biographie, poésie, BD, conte.. tout m’attire, tout me plait. Ce n’est pas cela l’important.

L’important est dans le choix des mots, leur succession, les images auxquelles ils nous renvoient.

Baudelaire fait partie des auteurs que j’affectionne particulièrement. La plupart des gens citeront les Fleurs du Mal. Evidemment. Un bijou. Mais je ne peux que vous conseillez de lire également, si cela n’est pas déjà fait, “Le spleen de Paris”. C’est un recueil posthume qui rénuit de petots poèmes en prose. Un véritable délice.

Parmi ces poèmes, il en est un qui me chavire depuis toujours. Un qui m’a soulevé le coeur dès que je l’ai entendu “dire”, la première fois, par un ami.

“Enivrez-vous”.

Pour moi, un des plus beaux poèmes. De ceux qu’il faut connaître par coeur. A chaque lecture, mon souffle se coupe, mon coeur est comme en stand-by, mes yeux prennent l’eau et le large.

Lisez ce poème. Ecoutez-le aussi, sublimement dit par Serge Reggiani.

“Enivrez-vous”.
Un tremblement.
Une ondulation.
Un saisissement.
Une agitation.

 

“Il faut être toujours ivre. Tout est là : c’est l’unique
question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules
et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.
Mais enivrez-vous.

Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe
verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez,
l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile,
à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui
roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est
; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront : « Il
est l’heure de s’enivrer ! Pour n’être pas les esclaves martyrisés du Temps,
enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre
guise.”

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2 Comments

  • Reply fil_en_trope 7 février 2013 at 11 h 21 min

    “j’ai mis de l’eau dans mon vin,
    du vin dans mes pensées,
    des pensées sur mon coeur,
    mon coeur à l’ouvrage,
    laissé l’ouvrage à l’art,
    l’art et la manière,
    d’effeuiller un sourire,
    un peu, beaucoup, passionnément, à la folie…”

  • Reply miss Julie 11 février 2013 at 20 h 09 min

    Ahhh le fameux Spleen de Baudelaire….toute ma jeunesse et celle de tant d’autres. (Enfin,de tous ceux qui sont allés à l’école.;-)). Quant à Reggiani, j’adore!! Quoiqu’il dise, il dégage une vive émotion ce type.

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