Billets d'humeur (pour Ouest-France)

LES BONNES RESOLUTIONS SONT MAUVAISES // L’humeur de Ladyblogue #14 pour Ouest-France

30 janvier 2013

« Les bonnes résolutions sont mauvaises »

30 janvier. C’est bon, on arrive à la fin du mois. On va enfin arrêter de nous seriner le bourrichon avec les traditionnelles bonnes résolutions. Je n’aime pas les résolutions. Ou plutôt, je n’aime pas les « bonnes » résolutions. Elles ne servent à rien. Uniquement à nous culpabiliser un peu plus et à nous sentir minable.

Les « c’est décidé, j’arrête de fumer », « c’est décidé, je me mets au sport, je veille à ma santé et à mon équilibre alimentaire », « c’est décidé, je deviens plus sociable », « c’est décidé, je mets le réveil à 5 h du mat pour écrire »… Pfff… Tu parles…

Le problème avec les bonnes résolutions, ce n’est pas de les prendre, mais de les tenir. Et on sait bien que, dans ces cas-là, personne ne tient ses promesses.

C’est dangereux les bonnes résolutions.

On sait très bien qu’en mars, ce que l’on avait décidé le 1er janvier un grand sourire au visage et une coupe de champagne à la main sera enterré depuis bien longtemps. On fera de la gym cacahuète-canapé devant Koh-Lanta, on clopera toujours, voir plus, on adorera se faire un Quick parce qu’un Long Bacon c’est trop bon, on adorera tremper nos frites dans de la mayonnaise bien grasse, on se servira de bons verres de bon vin parce que c’est bénéfique pour le cœur, on critiquera la voisine qui nous surveille derrière ses rideaux devenus gris et on se lèvera toujours 20 minutes à la bourre.

Ce n’est pas si simple, les bonnes résolutions.

Prendre une résolution, ce n’est pas « décider quelque chose », c’est « se résoudre à quelque chose ». C’est là toute la nuance.

Prendre une résolution, ce n’est pas vouloir quelque chose, mais accepter de vouloir quelque chose et tout ça pour « faire preuve de bonne volonté ». Pour se prouver (et prouver aux yeux du monde) que oui, on peut y arriver, que l’on est maître de ses choix, de sa vie. Que nous avons le pouvoir ! Que nous sommes forts ! We are the king of the world !

C’est ça, ouais.

On a envie de prendre ces « bonnes » résolutions juste pour « prouver », mais au fond de soi, on s’en passerait bien. Celui qui impose la résolution est la même personne que celui qui doit obéir à cette résolution. Il y a le « parent » d’un côté qui ordonne et il y a « l’enfant » de l’autre qui doit se soumettre. Le hic dans le cas des bonnes résolutions, c’est que le parent et l’enfant sont la même personne. Nous. On est celui qui surveille et celui qui aimerait faire la connerie. Et comme tous les gamins, on s’invente des excuses – le fameux « c’est pas moi, c’est pas ma faute » – et comme tous les parents, on engueule ou on ne dit rien, mais on connaît la vérité. Gros dédoublement de personnalité à l’horizon. Limite schizo. Y’a de quoi devenir complètement dingo. Une vraie négociation entre un ange très judéo-chrétien et un démon avide de liberté.

Prendre des « bonnes » résolutions, c’est faire les pires conneries.

Mon conseil : en 2013, restons nous-mêmes.

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