Les vrais coupables

26 novembre 2010

Violences
Ca m'a énervé.

Hier, c'était la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.
C'était aussi la journée de la jupe (l'anti-burqua… je me marre…) lancée par
l'association Ni putes ni soumises (NPNS).

Evidemment, je suis pour le fait que l'on parle des violences faites aux femmes. Je ne manque jamais (rarement) de publier une pub ou une info sur le sujet. Billet sur les violences conjugales, actus, vidéos, publicités (j'ai posté cette vidéo sur la lutte contre le viol avant-hier)… à chaque fois qu'une info touche de près ou de loin ce sujet, je réponds présente.

Mais hier, ca m'a fait chié. Plus que d'habitude.

J'ai un peu lu la presse écrite, un peu écouté la radio, un peu lu les articles sur le web (sites d'infos & blogs), certes tout le monde en parlé. La jupe, pour ou contre, le nombre hallucinant de victimes, des témoignages, de victimes, d'entourage, de policiers, de membres d'associations, toussa. Oui, c'est bien. Et il faut. Oui, il faut savoir. Oui, il faut entendre.

Il y avait aussi, et j'en viens à mon coup de gueule, souvent des articles, des pubs, des dossiers sur des sujets du style "comment "repérer" une femme battue"  et "la honte des autres qui voient et qui ne disent rien".

La honte de ne rien dire, la honte du silence, la honte de la non-dénonciation. Oui.. oui… certes, certes, c'est important de rappeler qu'on doit ouvrir nos gueules puisque pour certains, ce n'est pas une évidence. (Encore une histoire de couilles…).
Mais la honte de tabasser une femme ? La honte de violer ? Rien. Je n'ai rien lu là-dessus. A croire qu'on se trompe de coupable.
Les vrais coupables ne sont pas ceux qui n'osent rien dire, ce sont ceux qui osent lever la main, taper du poing, ceux qui pensent que le fait d'avoir une bite donnent une suprématie indiscutable sur l'autre, ceux qui pensent que la femme leur doit tout : leur respect comme leur cul.

Aucun article là-dessus. j'en sais rien moi, le témoignage d'un tabasseur, le témoignage d'un violeur, comprendre le mécanisme, ce qui leur passe par la tête avant, pendant et après. Si il y a pléthore de documents sur le "comment repérer une femme battue" (d'ailleurs, quand tu les lis, tu es désappointé par tant de banalités… bref…), pourquoi n'en ai-je trouvé aucun sur le "comment repérer un homme potentiellement violeur" ? N'y-a-t-il pas des signes ? Mêmes infimes ? N'y a-t-il pas une sorte de "portrait-robot" de "prédiction" au viol, aux coups ? J'en sais rien en fait…

Ce qui m'a dérangé, c'est que l'on axe toujours l'angle de traitement de l'info vers la culpabilité infondée de la victime, de la culpabilité des tiers qui se taisent et ne font rien… et que l'on a tendance à oublier que les vrais coupables, les seuls vrais coupables, les seuls ultimes coupables, ce sont les hommes.

Et je pense que les femmes battues, je pense que les femmes violées ont aussi besoin de comprendre pourquoi ces hommes font ça, comment ils en sont arrivés là. Ca ne permettra aucun pardon, seulement une bribe d' explication à l'insoutenable, à l'inconcevable.

 

Chiffres :

Numéro d’appel d’urgence en cas de violences en tout genre : 3919

> 1 femme sur 10 a été violée ou le sera au cours de sa vie.
> 200 femmes  sont violées chaque jour en France, soit 75 000 par an. Dans 80% des cas, l'agresseur est connu de la victime, et un tiers des viols a lieu au sein du couple.
> Le nombre de femmes âgées de 18 à 75 ans violentées est passé de 636 000 à 654 000 en 2008 et 2009.
> 140 femmes sont mortes sous les coups de leur compagnon l’année dernière, ce qui revient à dire qu’une femme meurt tous les trois jours dans ces circonstances  en France en 2010.
> 96 % des auteurs de viol sont de sexe masculin et 91 % des victimes sont de sexe féminin
> 1 victime seulement sur 10 porte plainte.
> 2% des violeurs sont de fait condamnés.

Sources : ministère de la Justice et du Collectif Féministe Contre le Viol (CFCV)

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19 Comments

  • Reply Xav 26 novembre 2010 at 8 h 08 min

    Peut-être que parler de honte pour les agresseurs serait une façon de les victimiser.
    Et je ne sais pas si on peut parler de sentiment de honte pour les victimes.
    Se sentir sale et blessé, plus.

  • Reply TheCélinette 26 novembre 2010 at 9 h 28 min

    Une amie s’est livrée à sa psy (une femme) et lui a avoué que son mal-être venait du fait que sa première expérience sexuelle (16 ans) avait été un viol (par son compagnon de l’époque).
    Et la psy de répondre “oui il a été maladroit quoi”.
    °_°
    Quand au type, elle l’a revu. Aucun remord. Aucun scrupule.
    Et évidemment, il a été violent avec ses autres compagnes.

  • Reply Ladyblogue 26 novembre 2010 at 9 h 30 min

    Putain de psy…

  • Reply neyle 26 novembre 2010 at 9 h 31 min

    1er commentaire ici, alors que ce blog de lady accompagne mon café-clope le matin en arrivant au taf depuis quelques mois (gros gros merci au passage).
    donc aucun ajout digne d’intérêt, pas de chiffre supplémentaire, juste encore l’impression de tomber par terre devant ces statistiques impensables, et l’envie de soumettre les connards qui passent à l’acte au même traitement. je sais, c’est primaire comme réaction.
    belle journée à toi.

  • Reply Ladyblogue 26 novembre 2010 at 9 h 33 min

    Parler de la honte des agresseurs, parler de leurs déviances, de leurs cruautés…
    On parle beaucoup des pédophiles, sans que ca les "victimise".
    Pourquoi on ne ferait pas pareil avec les violeurs et agresseurs ?

  • Reply Ladyblogue 26 novembre 2010 at 9 h 35 min

    Merci pour ce premier commentaire qui tombe sur un sujet particulièrement sensible.
    Je vais me servir un café avec toi.

  • Reply Fredouat 26 novembre 2010 at 9 h 44 min

    Ce type de témoignage aide à comprendre un aspect du manque de logique d’un homme qui abuse d’une mineure:
    http://vendredi.info/2009/10/08/lettre-ouverte-dun-violeur-a-deux-ministres/

  • Reply Macaron 26 novembre 2010 at 10 h 02 min

    D’accord avec toi pour stygmatiser les vrais coupables mais je voudrais juste préciser que les hommes ne sont pas les seuls coupables de violences conjugales. Il y a aussi des femmes qui frappent leur compagnons (30 morts par an en France). Ce qui n’est bien evidement pas une circonstance atténuante !

  • Reply Ladyblogue 26 novembre 2010 at 10 h 06 min

    Il n'y a pas de record à faire mais une femme meurt tous les trois jours dans ces circonstances…

  • Reply Miss Blablabla 26 novembre 2010 at 10 h 22 min

    Parler de la honte des victimes est indispensable: trop nombreuses sont celles qui n’osent pas parler, donc si cela peut les inciter à exprimer les choses… Et je ne vois pas en quoi parler de leur honte les place en coupables…

  • Reply Valérie Pineau-Valencienne 26 novembre 2010 at 10 h 35 min

    Suis d’accord avec miss blablabla. Ce sujet est brûlant pour moi. Le problème du ressenti des prédateurs, c’est que la honte, justement, ils ne la ressentent pas. il est très rare qu’il y ait du repenti de leur part après ces horreurs-là. on peut dénoncer leur faiblesse, leur pitoyable personnalité par ce fait : la honte leur est (souvent)inconnue.

  • Reply Ladyblogue 26 novembre 2010 at 10 h 36 min

    Evidemment qu'il faut parler des victimes, de leur honte, de leur sentiment de culpabilité (parce que la femme battue ou violée se sent de fait coupable de quelque
    chose. "Si il a fait ça, c'est peut-être parce que j'ai fait quelque
    chose de pas bien"), bien évidemment. Mais j'aimerais aussi que l'on se tourne vers les agresseurs, les montrer davantage du doigt (comme le sont par exemple les pédophiles), les faire parler, les écouter pour permettre aux femmes de comprendre qu'elles n'y sont pour rien.

  • Reply Ladyblogue 26 novembre 2010 at 10 h 43 min

    La honte de ceux qui sont passés à l'acte peut-être. Certainement. Malheureusement. Mais montrant d'avantage du doigts ces personnes-là, pourrait-il avoir un impact sur ceux qui ne sont "pas encore" passés à l'acte ?
    Je pose la question.

  • Reply Jean-Philippe 26 novembre 2010 at 11 h 11 min

    Globalement d’accord avec toi, sauf que ce qui m’a le plus énervé, c’est cette journée en elle-même et tous les galvaudages qui vont avec. Et aussi la totale incompréhension du truc. J’ai suivi ça de temps en temps, tout ce que j’en ai retenu, c’est d’un côté des fashionistas un exhib, de l’autre des crevards du sboub. Je caricature mais à peine.
    Le sexisme est partout, constant, inculqué dès le plus jeune âge, matraqué : films, pubs, musique, etc. La femme y est toujours présentée comme un objet de convoitise, je serais tenté de dire comme un produit d’appel. Du coup, on se retrouve dans des positions radicales, dans laquelle les femmes sont soit dans le jeu dans la séduction, soit dans le féminisme le plus stupide. A savoir devenir aussi conne que les mecs. Super résultat.
    On est un peu toujours rendu au même point : inégalités salariales, ostracisme professionnel dès qu’il y a maternité.
    Comme tu le sais j’ai 3 gars, dont un en préado, et je trouve que les relations garçons/filles évoluent dans la forme, mais certainement pas sur le fond. Leurs relations sont simplement bcp plus basées sur la confrontation et toujours sur une relation dominant/dominé, mais toujours pas sur la complémentarité. La seule différence, c’est que les filles commencent à se comporter comme les mecs. Super, on nivelle par le bas. Bref, on avance assez peu finalement.
    Et tant que des gamins seront matraqués de message à peine subliminaux du type “il a la voiture, il aura la femme”, je ne crois pas que ça changera beaucoup sur le fond, journée de la jupe ou pas. Avant de penser à faire de l’esbroufe une fois par an, il faudrait peut-être s’atteler à la tâche chaque jour.
    Je réalise aujourd’hui que j’ai eu la chance d’avoir un père né en 1934, donc de la (très) vieille école, mais qui considerait normal de prendre un balai, faire tourner une machine à laver, mettre les mains dans l’eau de vaisselle (bon, si on voulait manger décemment, fallait pas lui demander par contre), le tout en restant une figure paternelle forte, l’image d’un mec droit dans ses bottes. Comme quoi c’est possible.
    Bon, c’est un peu fouillis tout ça, désolé.

  • Reply Valérie Pineau-Valencienne 26 novembre 2010 at 11 h 18 min

    Je trouve que vous posez une très bonne question. une question que je gardais muette. De ce que j’ai constaté : pour les personnalités “déviantes” pour ne pas dire sadiques, le problème est que leur plaisir est de faire mal ; les images de violence, au lieu de les accabler, les excitent. La pulsion du plaisir étant l’une des plus fortes chez l’être humain, je crois que l’angle de la douleur montrée produit l’effet inverse sur les pervers. Comment choper un cinglé qui nous expliquerait que oui, quand il part en chasse, quand il frappe, quand il dézingue, il obéit à sa nature ? Et qu’il n’en éprouve aucun regret ? On le voit ds les grands procès (Dutroux, Fourniret, etc). Il existe aussi des êtres humains (hommes et certaines femmes, hélas)qui,eux, se montrent violents occasionnellement. Cette violence-là n’est pas vraiment pulsionnelle mais liée parfois à l’épuisement, à l’incapacité de trouver les mots, à un tas de choses. Ceux-là, on ne les entend pas et c’est bien dommage. Il ne s’agit pas de les excuser, il s’agit de les voir tels qu’ils sont. Les premiers sont à mon sens fichus. la deuxième catégorie peut évoluer.

  • Reply Alex C. 26 novembre 2010 at 15 h 46 min

    Tant que quelques tarés considérons que la beauté est une provocation et la coquetterie une invite, nous aurons le spectacle immonde des comportements des débiles à la braguette indignes.
    Ton pensée est judicieuse: Il faut penser aux prédateurs pour ne plus panser les plaies de leurs morsures.

  • Reply Alex C. 26 novembre 2010 at 15 h 52 min

    oup’s: un S en trop et “Ton” en place de “Ta pensée”le macho qui sommeille derrière le lapsus,on devrait se relire.

  • Reply robert 26 novembre 2010 at 17 h 23 min

    A mediter
    Un homme rencontre un ami qui lui demande des nouvelles de sa famille et de son couple en particulier
    reponse:ça va…tous les jours ,je donne une raclée à ma femme
    Le copain est etonné:et….pour quelle raison????
    ET bien….moi je ne le sais pas….mais elle…elle la sais

  • Reply louison 29 novembre 2010 at 11 h 42 min

    Lady ce que tu dis ici est vrai pour tous les sujets de toute façon. je n’ai pas grand chose d’autre à ajouter

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