Cité En passant

… et un papa

18 octobre 2010

Fille_pere
Ecole.
Princesse lance à Flora*, une petite copine : "Ben toi de toutes façons, tu n'as pas de papa !".
Je la reprends immédiatement en lui disant que ce n'est pas gentil de dire de telles choses, que tout le monde a une maman et un papa.
"Oui, mais c'est pas moi, c'est Flora qui dit ça, qu'elle n'a pas de papa !".
Les filles oublient et courent en direction de l'école.
La maman de Flora me regarde l'air bizarre. Malaise. Il faut dire que la petite appelle "Papa" (presque) tous les autres papas de l'école. La maman de Flora se confie et m'explique que sa fille est une petite fille adoptée et que oui, elle n'a pas de papa.
Pour elle, les parents "géniteurs" ne sont pas une "maman" et un "papa", c'est elle, la maman. L'adoptante. "Je lui dis qu'un monsieur et une dame l'ont mise au monde, c'est tout, et que moi, je suis sa maman et qu'elle n'a pas de papa. Pour l'instant, tant que je n'aurais pas rencontré quelqu'un, elle n'a pas de papa."
Sur le coup (et après…), j'ai trouvé ça horrible de dire ça à une petite fille. Lui dire qu'elle n'a pas de papa, c'est comme lui couper une jambe, nan ? Comment trouver l'équilibre ? Comment comprendre qui on est si on ne sait pas d'où on vient.
Et puis, je me dis que ca ne doit pas être si simple.
Je me dis que je n'en sais rien.
Je me dis que c'est compliqué.
Je me dis qu'il ne faut pas vouloir tout comprendre.
Et puis je me dis que si, il faut, sinon, à quoi bon ?
Je me dis que je n'en sais rien.
Je tourne en rond.
Je pense à cette gamine qui doit se trouver.
Je pense à cette maman qui doit jongler.
Et je pense à moi, au milieu de tout ça. Aujourd'hui.

* Le prénom a été changé.

Facebook Comments
Please follow and like us:
Pin Share

You Might Also Like

18 Comments

  • Reply Phileas 18 octobre 2010 at 10 h 28 min

    tout le problème de savoir si « papa » et « maman » c’est biologique ou affectif…

  • Reply Jean-Philippe 18 octobre 2010 at 10 h 31 min

    Pas évident… Pas évident de choisir entre la vérité crûe et le mensonge réconfortant.
    Pour ma part (beau-père de 2 garçons orphelins de père depuis presque 2 ans), le plus beau cadeau qu’ils aient pu me faire est une carte de « beau-papa » pour la fête des pères… Mais on ne leur a jamais menti, et toujours expliqué que je ne serais jamais leur papa, ni leur copain. Juste Jean-Philippe.
    Et quand je les ai vu arriver à expliquer le plus naturellement du monde à leurs copains de vacances qui me prenait pour leur papa que leur vrai père était mort, je me suis dit qu’on avait bien fait. La cicatrice sera toujours là, apparente, mais ils savent vivre avec.

  • Reply Ladyblogue 18 octobre 2010 at 10 h 55 min

    "ou"… ou "et".
    ou "et/ou"…
    Le bordel quoi.

  • Reply Ladyblogue 18 octobre 2010 at 10 h 56 min

    Ca fait 1/4 heure que j'essaie de trouver quoi répondre à ton commentaire.
    Rien ne sort.
    Pas évident.
    Je t'embrasse.

  • Reply Jean-Philippe 18 octobre 2010 at 12 h 43 min

    🙂 La seule certitude que j’ai avec les enfants, c’est que je n’ai aucune certitudes… C’est bateau, mais plus ça va, plus les bouquins/solutions toutes faites me dérangent.
    3 gars à la maison, 3 cas particuliers, 3 méthodes différentes, seules les règles « de base » sont les mêmes pour tout le monde. Le reste, c’est de l’attention de chaque instant, jumelée à « hé, nous aussi, les grands, on a le droit de vivre ». Je deviens peut-être vieux con, mais je trouve que c’était plus simple quand j’avais leur âge. On était moins exposé. Ou alors ma mémoire embellit les souvenirs.

  • Reply Ladyblogue 18 octobre 2010 at 14 h 02 min

    Ou alors c'est parce quand tu avais leur âge… ben tu avais leur âge !
    Les soucis d'éducation n'étaient pas (encore) pour toi !
    😉

  • Reply Jean-Philippe 19 octobre 2010 at 10 h 35 min

    Oui, mais tout de même, je suis perplexe, surtout avec le plus grand. Pourtant on a de la chance, il est posé et hyper responsable, pas le genre tête brûlée. On a vraiment une relation de confiance avec lui. Mais quand on discute avec lui de son environnement, de ses copains, comment ils vivent, leur relation avec leurs parents, ça fait un peu froid dans le dos.
    Je trouve ces gosses un peu paumés, à la fois très fiers à bras, et de l’autre pas très démerdes. On nous bassine de Digital Native à toutes les sauces, tout ce que je vois, ce sont des gosses scotchés à leur iphone/BB/Facebook, mais qui ne comprennent absolument pas comment ça fonctionne, et s’en cognent royalement. Pour eux, internet, c’est Google et Facebook. Et dans le cas de Google, la curiosité ne va pas au-delà de la première page de résultat. Le reste, rien à foutre. Je crois que ce qui me laisse le plus perplexe, c’est qu’à 12 ans ils sont déjà cyniques et plutôt blasés, ils donnent l’impression de mômes qui ont grandi trop vite, en oubliant l’essentiel.
    J’étais intervenu dans la classe du plus grand quand il était en CM2, pour parler information, internet, etc. Les réponses m’avait un peu glaçé le sang…
    C’est peut-être mon imagination, mais j’avais l’impression que c’était plus simple pour nous à leur âge. Et pourtant je n’étais pas vraiment ce qu’on peut appeler un privilégié…

  • Reply cyril® 20 octobre 2010 at 0 h 20 min

    Pour moi le fond du sujet c’est le mot, la phrase… « pas de papa »… elle en a un, qu’il la connaisse un jour ou non y’a toujours un départ, un début, le papa et la maman. je n’ai jamais connu mon père… petit sur la feuille de renseignements je coché un trait pour père… et j’entendais dire les copains mais aussi et surtout les enseignants « cyril il n’a pas de père »… cruel… et pourtant si j’en ai un… lui dire à cette petite fille… il faut lui dire… elle à un père… présent ou absent… il est père.

  • Reply Ladyblogue 20 octobre 2010 at 11 h 27 min

    Je suis d'accord avec toi.
    Après… je ne suis que spectatrice de tout ça. Seule la maman a les cartes en main.

  • Reply louison 20 octobre 2010 at 12 h 05 min

    Papa c’est affectif, sinon tous les enfants adoptés, orphelins d’un parent ce seraient déjà tiré une balle dans la tête et je parle en connaissance de cause.
    Papa c’est biologique oui en effet il faut un géniteur sinon pas d’enfant. Pour moi ca s’arrête là! alors je comprends ce que veux dire cette maman.
    C’est un peu radical je le conçois mais il faut arrêter avec « la chair de sa chair » etc.

  • Reply NinaSotteFille 20 octobre 2010 at 17 h 50 min

    Est ce que c’est son papa le monsieur qui l’a conçue avec une dame? Mmh, d’après moi pas vraiment. C’est son père biologique mais sans doute pas son papa. Papa c’est un nom affectueux qu’on donne à celui qu’on aime et qui s’occupe de nous, elle n’a pas cette personne là alors elle n’a pas de papa, mais c’est fort dommage, vivement qu’elle en ait un et qu’on lui explique que malgré ça, elle a un père biologique.

  • Reply Laini 20 octobre 2010 at 19 h 39 min

    Est-ce que les termes importent vraiment ? Cette petite fille n’a pas de papa, mais elle a peut-être un parrain, un oncle, une personne qui l’aime comme un père.
    J’appelle « papa » mon père biologique, mais mon véritable père était mon beau-père, et je ne l’appelais pas papa.
    Je ne dis « papa » en parlant de mon beau-père que depuis un an seulement, et c’est uniquement pour faire comprendre à autrui ce que sa mort a représentée pour moi, à mes 22 ans.
    Chacun met sa propre réalité derrière les termes employés, et les mots n’ont pas toujours la réalité que l’on croit.
    Encore un très beau texte sur ce blog, qui résonne pour beaucoup je pense…

  • Reply Ladyblogue 20 octobre 2010 at 21 h 34 min


    Moral -10 points.

  • Reply Ladyblogue 20 octobre 2010 at 21 h 36 min

    Oui, tu as raison. Mais à cet âge-là(et après…), je pense qu’un enfant a besoin de savoir « d’où il vient ». Ses racines.
    Même si il a un oncle, un parrain, un ami ou que sais-je, ce ne sera pas par « eux » qu’il est arrivé.
    L’enfant a besoin d’un point de départ, et le père biologique (quelque soit son appellation) en fait partie, non ?

  • Reply Laini 21 octobre 2010 at 1 h 06 min

    Je ne suis pas d’accord avec ça, mais en même temps je ne suis pas dans cette situation. Pour moi les racines, ce sont ceux qui nous élèvent.
    Je me permets de mettre un lien si ça t’intéresse (je ne sais pas si ça t’embête, excuse-moi si c’est le cas) d’une tribune très intéressante d’un couple contre la levée de l’anonymat sur le don des gamètes.
    J’adhère totalement à ce paragraphe : « Nous ne comprenons pas que des enfants de receveurs puissent faire de la découverte de l’identité du donneur un combat. Pour nous, c’est la traduction d’un mal de vivre dont nous ne sommes pas responsables et qui aurait pu s’incarner dans d’autres obsessions. Nous regrettons que certaines personnes cultivent ce malaise pour servir leur opposition, plus ou moins avouée, à ces méthodes de reproduction. »
    L’intégralité est là :http://www.sciences-et-democratie.net/blog/2010/09/09/tribune-contre-la-levee-de-lanonymat-sur-le-don-de-gametes

  • Reply louison 21 octobre 2010 at 11 h 46 min

    lady, tout dépend des circonstances et de la manière dont la maman a parlé du père. Je ne veux pas raconter ma vie ici mais si tu souhaites connaître mon point de vue je serai prête à te le donner par mail. Les points de repères sont très relatifs. Le point de repère ce fera essentiellement par le biais de la mère et de sa manière de « raconter » le père. l’enfant est influencé c’est normal.

  • Reply Ladyblogue 21 octobre 2010 at 18 h 10 min

    Ben elle n'en parle pas du père puisqu'elle dit à la petite qu'elle n'en a pas…
    C'est "juste" ça qui me fait bizarre. Qu'elle lui dise qu'elle n'en a pas.

  • Reply louison 22 octobre 2010 at 8 h 21 min

    ben c’est justement une anière d’en parler. Enfin je crois tout du moins.

  • Leave a Reply

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.