En passant

XAVIER GRALL, LE BARBE UNIVERSEL

17 janvier 2008

Xavier_grall

« Il faut chaque jour gagner sa légende
Il faut chaque jour célébrer la messe de l’univers. »

Tous ceux qui aiment la Bretagne aiment, aimeront Xavier Grall.
Tous ceux qui aiment leur terre aiment, aimeront Xavier Grall.
Tous ceux qui aiment écouter le chant de la mer et celui du vent.
Tous ceux qui aiment regarder les rides épaisses des vieux marins.
Tous ceux qui aiment respirer le parfum des églises lointaines.
Tous ceux qui aiment fixer les ajoncs courber l’échine sous la tempête.
Tous ceux là aiment, aimeront Xavier Grall

Il parlait de la Bretagne. Il la vivait. Il lui ressemblait. Visage rocheux, corps salé.

Xavier Grall m’a apprise la Bretagne. Il m’ ouvert les yeux sur elle. Je suis une bretonne de cœur (je vous
l’avais déjà dit ici).
Car comme l’écrivait Xavier Grall :
« On ne naît pas Breton, on le devient, à l’écoute du vent, du chant des branches, du chant des hommes
et de la mer. »
« Tu te découvres Breton comme il n’est pas permis de l’être. (…) Et tu penses que ton pays ça existe, bon Dieu,
terriblement. Tu te récupères. Tu te regardes en face. Tu te décolonises. Tu es Berbère, Kabyle, Breton. »

Xavier Grall a été pour moi une révélation.

Xavier Grall, le poète.
Xavier Grall, l’homme.
Xavier Grall, le barde universel.

P.S. : Je vous laisse avec un de ses poèmes que je trouve tout simplement sublime…

Allez dire à la ville
Terre dure de dunes et de pluies
c’est ici que je loge
cherchez,
vous ne me trouverez pas
c’est ici, c’est ici que les lézards
réinventent les menhirs
c’est ici que je m’invente
j’ai l’âge des légendes
j’ai deux mille ans
vous ne pouvez pas me connaître
je demeure dans la voix des bardes
0 rebelles, mes frères
dans les mares les méduses assassinent les algues
on ne s’invente jamais qu’au fond des querelles
Allez dire à la ville
que je ne reviendrai pas
dans mes racines je demeure
Allez dire à la ville qu’à Raguénuès et Kersidan
la mer conteste la rive
que les chardons accrochent la chair des enfants
que l’auroch bleu des marées
défonce le front des brandes
Allez dire à la ville
que c’est ici que je perdure
roulé aux temps anciens
des misaines et des haubans
Allez dire à la ville
que je ne reviendrai pas
Poètes et forbans ont même masure
les chaumes sont pleins de trésors et de rats
on ne reçoit ici que ceux qui sont en règle avec leur âme sans l’être avec la loi
les amis des grands vents
et les oiseaux perdus
Allez dire la ville
que je ne reviendrai pas
Terre dure de dunes et de pluies
pierres levées sur l’épiphanie des maïs
chemins tordus comme des croix
Cornouaille
tous les chemins vont à la mer
entre les songes des tamaris
les paradis gisent au large
Aven
Eden
ria des passeraux
on met le cap sur la lampe des auberges
les soirs sont bleus sur les ardoises de Kerdruc
O pays du sel et du lait
Allez dire à la ville
Que c’en est fini
je ne reviendrai pas
Le Verbe s’est fait voile et varech
bruyère et chapelle
rivage des Gaëls
en toi,
je demeure.
Allez dire à la ville
Je ne reviendrai pas.

(Xavier Grall. « La sône des pluies et des tombes »)

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2 Comments

  • Reply Babzilie 17 janvier 2008 at 8 h 31 min

    merci pour la découverte de cet auteur !

  • Reply okatarinabella 17 janvier 2008 at 11 h 11 min

    alors là, merci parce que je ne connaissais pas du tout du tout…donc merci de nous faire découvrir ce messieur…
    bisousssssssss

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