En passant

Les nuits fauves, la folie de vivre

13 novembre 2007

Nuits_fauves

1992. « Les nuits
fauves »
sortent au cinéma. 15 ans après, qui se souvient de Cyril
Collard
? Qui se souvient de ce jeune auteur, scénariste, compositeur,
réalisateur, mort à 35 ans du sida ?

Il y a 15 ans, le monde du
cinéma l’avait mis sur un piédestal, le film ayant été récompensé
par 7 Césars en 1993 :
meilleur scénario, meilleur réalisateur, meilleure musique,
meilleur espoir féminin, meilleur premier film, meilleur montage et meilleur film
français. Cyril Collard était devenu un
génie, le génie.

Que reste-t-il de son
film ?

Que reste-t-il de son film qui
pourtant, malheureusement, est encore en parfaite cohésion avec la réalité
d’aujourd’hui.

Quand on regarde « Les
nuits fauves »
, on n’en ressort pas indemne. L’histoire de Jean et de
Laura nous touche, nous transperce. La force et la violence des dialogues,
l’humanité et la complexité des personnages, une mise en scène déroutante avec
une caméra toujours en mouvement, comme pour lutter contre l’inexorable destin.
Bouger, bouger, bouger. Encore bouger pour se sentir vivant. Ou du moins, avoir
la sensation de l’être.

Je me souviens très bien. J’étais allée
voir ce film avec une bande de copains… Yann, Stéphanie et les autres. En sortant de la salle, j’étais si
secouée que j’étais incapable de dire quoi que ce soit. « Les nuits
fauves », c’est une histoire d’amour passionné, constructive et
destructrice à la fois.
Jean était si proche de moi.
De lui. Laura était si proche de moi. De moi. Je les regardais sur la toile,
il me semblait les connaître. Je devinais leurs réactions, leurs regards. Je
savais.

Que reste-t-il de ce film
aujourd’hui ?
La nouvelle génération en
a-t-elle seulement entendu parler ?

Bibis poignants

P.-S. 1 : bien qu’ayant aimé
ce film, je tiens à préciser que j’avais été extrêmement choquée par un point.
Jean, sur le point de faire l’amour avec Laura, attrape un préservatif. On voit
Laura, au courant de la séropositivité de Jean, reprendre le préservatif et le
jeter parterre. Ils font l’amour sans protection. Ce qui m’a dérangé, c’est que
Laura, après cela n’a, elle, pas attrapé la maladie… Que vont penser alors nos
enfants ? Que l’on peut coucher avec une personne séropo sans
danger ?

P.-S. 2 : Pas de
bande-annonce (elles en disent trop !), je vous laisse avec la vidéo de
Romane Bohringer qui reçoit le césar. Une séquence qui m’émeut jusqu’aux larmes…

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7 Comments

  • Reply CManu 13 novembre 2007 at 7 h 55 min

    Ce film m’avait aussi fortement marqué. Tout d’abord par la violence et le côté impératif du désir dans les rapports homos (oui, je découvrais…), puis dans cette fuite en avant désespérer du personnage. Un film que j’avais adoré, comme une tranche de vie loin de moi, mais proche (trop?) de Cyril et des autres. 15 ans après ce qui me choque c’est tout d’abord que le sida soit encore là, sans traitement, sans le début d’une solution. Ensuite, j’ai l’impression que l’on a reculé, que le sida fait moins peur, que les jeunes vivent avec en se disant, ça me concerne pas, je fréquente des gens sains… Je ne parle même pas de ceux qui prônent l’arrêt du préservatif dans les milieux gays avec des partenaires multiples. BREF BEAUCOUP DE GÂCHIS, DES MORTS ET UN FILM POUR RIEN… si ce n’est la beauté de l’oeuvre.

  • Reply babzilie 13 novembre 2007 at 7 h 57 min

    Ah si je m’en souviens tres bien!Ce soir là j’étais allée le voir avec une copine et à la sortie ,grand silence et chape de plomb!!!
    Romane super Actrice et Monsieur Bohringer il faut lire ses livres!

  • Reply Loreal 13 novembre 2007 at 8 h 40 min

    J’ai lu le livre, j’ai détesté. Pas moins.

  • Reply LADY REPOND ! 13 novembre 2007 at 9 h 03 min

    CMANU > Je suis d’accord avec toi quand tu dis que tu as l’impression que les choses ont « reculé »… Oui, j’ai aussi l’impression que le SIDA fait moins peur… Et pourtant… Et pourtant.
    BABZILIE > Oui oui, les livres du papa sont superbes !
    LOREAL > J’ai aussi lu le livre. Pas à la hauteur du tout du film. Si tu n’as pas vu le film, ca vaut le coup que tu le voies quand même. L’écriture du bouquin gâche pas mal de choses.

  • Reply luna pat 13 novembre 2007 at 14 h 50 min

    c’est drôle j’ai repensé à ce film il y a quelques jours à l’occasion d’un reportage sur les Bohringer (père-fille) en revoyant l’extrait sur les César.
    Moi aussi il m’avait marqué à l’époque : Cyril Collard allait mourir bientôt et on le savait, ça rendait son film d’autant plus poignant je crois…

  • Reply AmeliMelo 13 novembre 2007 at 19 h 31 min

    eh ben je l’ai versé ma tite larme 🙂
    Bouleversant ce discours de Romane..quant au film je le reverrais avec plaisir car il fait partie de ceux qui laissent une trace ….
    Bibis violet

  • Reply mercotte 14 novembre 2007 at 4 h 06 min

    Moi aussi j’avais adoré ce film et je m’en souviens très bien… >Tu as raison sur tout !

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