En passant

L’élégance du hérisson

29 septembre 2007

Elegance_herisson

« L’élégance du hérisson »
de Muriel Barbery est un roman sous forme de journal intime qui nous plonge,
tour à tout, au cœur même de chacun de deux personnages principaux.

L’histoire :
Une concierge, Mme Renée Michel,
la cinquantaine, une intellectuelle hors pair qui passe son temps à dissimuler
son intelligence. A-t-on déjà vu une concierge érudit ? Elle déteste les
riches qu’elle considère comme incapables de considérer les « petites gens »
comme des personnes à part entière.
Un habitante de l’immeuble,
Paloma, une petite fille de 12 ans issue d’une famille riche, surdouée et d’une
maturité qui en ferait rougir plus d’un. Son analyse de la vie, des gens qui l’entourent,
de sa propre famille, fait qu’elle décide de programmer son suicide.

L’avis de Lady :
Le roman, doté d’un riche
vocabulaire, révèle une écriture précise qui peut, à mon avis, rebuté certains
lecteurs. J’ai été souvent gênée par les longueurs inutiles de certaines
phrases et par les quelques exposés pseudo-philosophiques, parfois certes intéressants,
parfois malheureusement forcés. Muriel Barbery ne chercherait-elle pas à nous
en mettre plein la vue au lieu de nous laisser vivre son roman ? Est-ce de
l’étalage ou du partage ?
Un peu dommage car globalement le livre est intéressant, les personnages attachants
(que j’ai aimé Renée !!) et les descriptions croustillantes.

La note de Lady :
14/20.

Elegance_herisson_2Extrait :
« (…) Je m’appelle Renée.
J’ai cinquante-quatre ans. Depuis vingt-sept ans, je suis la concierge du 7 rue
de Grenelle, un bel hôtel particulier avec cour et jardin intérieurs (…). Je suis
veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en
croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. (…) Comme je
suis rarement aimable, quoique toujours polie, on ne m’aime pas mais on me
tolère tout de même car je corresponds si bien à ce que la croyance sociale a
aggloméré en paradigme de la concierge d’immeuble que je suis un des multiples
rouages qui font tourner la grande illusion universelle selon laquelle la vie a
un sens qui peut être aisément déchiffré. Et puisqu’il est écrit quelque part
que les concierges sont vieilles, laides et revêches, il est aussi gravé en
lettres de feu au fronton du même firmament imbécile que lesdites concierges
ont des gros chats velléitaires qui somnolent tout le jour sur des coussins
recouverts de taies au crochet.
»

Bibis piquants

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12 Comments

  • Reply Marie-Pierre 29 septembre 2007 at 8 h 53 min

    J’ai adoré ce livre, j’irai jusqu’à 16/20. L’auteur est prof de philo. Je ne pense pas qu’elle voulait en mettre plein la vue, mais présenter un personnage hors norme qui a une acuité au monde différente 😉

  • Reply katy 29 septembre 2007 at 9 h 49 min

    Je mettrais pas de note.
    (Ne serais-ce pas l’effet prof ça ?).
    C’est un livre vibrant, très beau style.

  • Reply LADY REPOND ! 29 septembre 2007 at 10 h 44 min

    MARIE-PIERRE > Un personnage hors norme certes ! Renée l’est assurément !!! ;-))
    KATY > Beau style oui, mais un peu ronflant de temps à autre.

  • Reply Marmaille 29 septembre 2007 at 11 h 17 min

    Au risque de me faire huer perso j’ai pas aimé son côté « lutte des classes » les riches se croyant les seuls à avoir de la culture alors qu’en fait ils ne font que répéter des choses déjà vues. Pourquoi est ce qu’une concierge pourrait pas lire un peu de philo ? Pourquoi cantonner des gens dans leur classe d’origine et ne pas les laisser s’épanouir. J’ai beau aimé la culture japonaise j’ai trouvé un peu con la façon dont l’auteur encense ce pays, comme quoi tout ce qui est japonais c’est forcément merveilleux. Bref, même si j’ai aimé le livre je pense que dans 5 ans on en parlera plus et qu’il ne mérite pas vraiment tout le tapage médiatique qui a été fait autour de lui. C’était agréable à lire ok, les passages de philo m’ont pas gênée (l’auteur est prof de philo…) mais bon je mets plus ça dans la catégorie lecture de plage agréable que dans la catégorie nouveau chef d’oeuvre de la littérature française.
    :o)

  • Reply LADY REPOND ! 29 septembre 2007 at 14 h 01 min

    MARMAILLE > Je pense que justement le livre montre que même une concierge peut être super cultivé et qu’elle s’épanouit ainsi. Ensuite, Renée souhaite le cacher. POurquoi ? POur être tranquille ? POur jouer des autres ? Sorte de cache-cache avec autrui mais aussi avec soi-même non ? N’a-t-elle pas peur de quelque chose ?
    Comme toi, je ne pense pas que ce livre soit un chef d’oeuvre et comme toi, je pense que dans 5 ans (et même avant), on en parlera plus… même si il se lit bien…
    A bientôt !

  • Reply Marmaille 29 septembre 2007 at 16 h 40 min

    Je me suis un peu mal exprimée. Je ne porte pas d’avis sur la situation particulière de la concierge à qui on refuserait un droit à la culture. Nan je pense qu’il y a à travers ce livre une sorte de « haine des riches » et une opposition entre les classes que je n’aime pas. Y’a une haine pour les personnes qui ont de l’argent comme s’il s’agissait d’une catégorie d’être à part entière. Je trouve que ce livre cache cette haine derrière de bon sentiments…Voilà ça me gêne un peu parce qu’on a l’impression que les 2 héroïnes ont la règle absolue pour juger de ce qu’il est bon d’aimer ou pas dans la vie en matière de culture en général.

  • Reply LADY REPOND ! 29 septembre 2007 at 21 h 01 min

    MARMAILLE > Oui, je vois ce que tu veux dire. C’est vrai que l’on peut voir les choses ainsi. Pour ma part, je vois ces personnages comme des personnes qui ont une vision bien à elle, comme chacun d’entre nous. Chacun pense avoir raison au fond de soi. C’est vrai qu’elle sont assez catégorique dans leur jugement. Pour Paloma, cela vient certainement de l’âge. Ado, on pense qu’on a raison et que les autres qui pensent différemment sont des cons… Et pour Renée… cela vient peut-être aussi de l’âge (nombre de personnes âgées pensent détenir la vérité) ou bien de son faux-vrai (?) caractère de cochon.
    Mais quoi qu’il en soit, c’est vrai, les « riches », dans ce livre, n’ont pas la meilleure place car toujours ridiculisés. Sauf pour Monsieur Ozu, le japonais….
    Bibis !

  • Reply Loreal 30 septembre 2007 at 11 h 35 min

    Zut alors, je voulais le lire, mais 14/20 c’est moyen…

  • Reply LADY REPOND ! 30 septembre 2007 at 12 h 21 min

    LOREAL > C’est juste mon avis… Peut-être que tu mettrais plus. Marie-Pierre, dans son commentaire (un peu plus haut), elle, aurait mis 16/20. Chacun son ressenti…
    Mais c’est vrai que je m’attendais à mieux au vu de tout le bien que l’on m’avait dit de ce livre.
    Si tu le lis, tu me diras ce que tu en as pensé ! Bibis

  • Reply greg 30 septembre 2007 at 20 h 54 min

    On a le même avis 🙂

  • Reply LADY REPOND ! 1 octobre 2007 at 10 h 05 min

    GREG > Quand deux grands esprits se rencontrent !!! 😉

  • Reply mistersuperolive 5 octobre 2007 at 23 h 23 min

    Moi je suis assez d’accord avec toi, il m’a un peu gonflé ce livre par moment. Il y a des passages bien chiants et d’autres carrément bien vus. Bizarre comme impression. Moi j’aurai noté 12/20!
    à plus

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