En passant

« Chien » de Samuel Benchetrit : un livre décalé, déjanté, grinçant et plus encore

9 mai 2017

« Je ne pouvais pas trop regarder mon fils jouer avec le chien de notre petite voisine parce que ma femme me parlait :
— La peau me brûle, je perds mes cheveux et mes ongles jaunissent. Je suis allée consulter un spécialiste, le docteur Zenger, et figure-toi qu’il a fini par trouver la cause de cette maladie… Tu veux connaître la cause, Jacques ?
— Oui.
— C’est toi… C’est toi, Jacques !
— Moi ?
— Oui. D’ailleurs, tu apprendras que désormais cette maladie porte ton nom, c’est une Blanchoïte aiguë. (Je m’appelle Jacques Blanchot.) Pour le moment, il n’y a rien à faire pour la soigner. Ni traitement. Ni crème. Alors… il faudrait que tu partes.
— Quand ça ?
— Maintenant… »

 

J’avais adoré [« La nuit avec ma femme »]. Ce livre avait été pour moi une claque littéraire. Samuel Benchetrit, que je n’avais jamais lu, avait su m’embarquer. Cette façon que l’auteur a de dire beaucoup plus que ce que l’on croirait au premier abord me plait beaucoup. La précision des mots, leur intensité fulgurante…. Je l’avais dit sur [mon feed Instagram] : « Une nuit avec ma femme » est un livre sublimement poétique. A lire.

Il était donc évident que je devais lire un autre livre de Samuel Benchetrit. J’ai choisi « Chien », sans rien savoir sur ce livre, si ce n’est qu’une adaptation cinématographique était en cours avec, entre autres, Vanessa Paradis.

Et là, j’ai découvert un Samuel Benchetrit drôle. Très drôle même. Un humour noir, grinçant, décalé, déjanté. Je m’entendais rire tout en étant désarmée face à cette histoire. Car « Chien » est une libre à l’humour triste. Un livre sur le fil. On oscille de l’un à l’autre ; on navigue l’un avec l’autre, accompagné d’une écriture nette et cash.

« Chien » débute par une histoire « de tous les jours » : un homme, Jacques Blanchot, chassé de chez lui par sa femme – laquelle souffre d’une « blanchoïte » aigüe, allergie caractérisée à son mari. Jacques est méprisé par son fils, exploité par son patron. Jacques est l’être humain soumis et indéterminé par excellence. Il file vivre à l’hôtel, s’achète un chien moche.

Je déteste en savoir trop avant de lire un livre (idem pour un film… en fait j’aime ne rien savoir du tout) alors je ne vous en dirai pas davantage. Juste vous dire que l’on bascule petit à petit dans une critique mordante de la société et des hommes dans un surréalisme étonnant.

Et je n’ai eu de cesse à la lecture de ce bouquin de me demander comment cette histoire pouvait être adaptée au cinéma ! Je suis curieuse de voir cela tellement cela me semble compliqué, et même impossible !

Je vous conseille de lire Samuel Benchetrit en espérant que vous aimerez autant que moi.

De mon côté, je vais courir m’acheter un troisième livre de cet auteur, histoire d’être une troisième fois surprise.

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