« LES MÉMOIRES D’UN SEIGNEUR » : CHERS HOMMES QUIMPÉROIS, BRAVO !

14 janvier 2016

Les-memoires-d-un-seigneur-Olivier-Dubois-quimper-ladyblogue (2)J’avais vu un de ce spectacle l’année dernière. Tragédie. Et j’avais a-do-ré. Pas un coup de cœur comme ça, furtif et léger. Non. Un coup de cœur profond, une grosse claque de découverte, une vrai rencontre.

Alors forcément quand j’ai vu à nouveau le nom d’Olivier Dubois dans la programmation 2015-2016 du Théâtre de Cornouaille, j’ai bloqué la date. Forcément.

« Les mémoires d’un seigneur »

Une création pas comme les autres. Que des hommes sur scène. Plus de 50. Parmi eux, un seul danseur professionnel, Sébastien Perrault (très très très charmant…) ; tous les autres, des quimpérois amateurs, âgés de dix-huit à soixante-dix ans. Un appel a été lancé il y a quelques mois et tout le monde (homme) pouvait s’inscrire.  Les candidats  ont été ensuite sélectionnés pour leurs « compétences physiques ».

Alors moi, je m’attendais à un spectacle de danse bien sûr, mais je m’attendais à quelques petits couacs, à quelques petites imperfections, à des hésitations de placement, à un jeu peut-être maquant d’un chouille de naturel.

Et bien pas du tout.

J’avais devant moi des hommes qui n’avaient jamais mis les pieds sur une scène et qui pourtant m’ont donnée l’impression d’une présence confirmée. Le talent d’Olivier Dubois de nous transmettre des réflexions sur l’existence de chacun se révélait alors sous mes yeux avec encore plus de force. Ces hommes aux corps familiers, loin des corps sculptés par des années de danse, ces hommes jeunes et vieux, ces hommes comme tous les hommes, s’exposaient devant moi avec une exactitude fantastique, presque embarrassante.

L’histoire des « Mémoires d’un seigneur » se lit différemment selon chacun. J’imagine. La solitude, la perte de l’être aimé, la douleur, la hargne, les combats, le pouvoir, la barbarie, la peur, l’amour, l’abandon, la mort. Alors c’est certain, vous allez me dire « ça ne devait pas être bien gai ton truc ». Certes. Mais ce n’était pas triste non plus.

Il y a une sorte d’hypnose admirative, une sorte d’ensorcellement. Olivier Dubois, sorcier de magie noire et blanche.

« Les Mémoires d’un seigneur » dégage une telle énergie – démultipliée par une bande sonore prodigieusement captivante (je la veux ! je la veux !) – qu’on s’imprègne presque physiquement des différents tableaux.

Les corps danseurs se mêlent quasi au nôtre.

Curieux.

Jouissif.

 

Un immense immense bravo à vous, chers hommes, chers amateurs quimpérois, pour avoir eu le courage de vous lancer dans une telle aventure, de vous lancer un tel défi, personnel et collectif. Bravo pour votre superbe performance. Et merci, MERCI, pour ce joli cadeau que vous nous avez fait mardi soir.

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