« MISSION » DE DAVID VAN REYBROUCK

4 mars 2015

Depuis mon partenariat avec le Théâtre de Cornouaille, c’est la première fois que ça m’arrive : je ne sais pas si oui ou non j’ai aimé le spectacle que j’ai vu mardi soir.

« Mission ».

Pour ce spectacle, c’est le service com’ du théâtre qui m’avait convaincue de le voir. Aurélia et Loïc se trompent rarement, je veux dire qu’ils visent toujours dans le mille par rapport à mes goûts. Je suis toujours très ouverte à leurs conseils. Et comme d’habitude, je n’avais pas lu grand-chose, voir quasi-rien – sur le spectacle. Je veux toujours avoir la surprise, pas de peur, pas de préjugés, pas d’excitations. Rien. J’aime découvrir, commencer la rencontre au niveau zéro. Et sentir si je monte ou si je descends.

« Mission » donc. Avec 4 amies. Une soirée 100% filles pour découvrir la vie d’un missionnaire pas tout jeune. Un missionnaire qui contemple sa vie, dans l’Est du Congo.

Le texte de David Van Reybrouck est un monologue. La scène n’est habillée que d’un pupitre. Et le comédien, Bruno Vanden Broecke, est seul devant nous pendant 1h50.

Si je veux être tout à fait franche, je vous dirais que je n’ai aimé que quelques passages, beaucoup aimé que quelques phrases… et que j’ai trouvé la pièce longue. Très longue.

Indéniablement un immense respect pour Bruno Vanden Broecke. A genoux devant lui pour sa performance, pour son texte, pour son jeu. Vraiment. Une claque d’acteur.

Mais « Mission » m’a souvent perdue.

J’ai aimé ces scènes où le personnage délivre une vérité de vie, légère ou violente, ces moments intenses où mon corps tout entier était happé. Et puis, boum… d’un coup, ça partait, j’étais lâchée, perdue au milieu de détails confus, presque inutiles.

Le texte de David Van Reybrouck a joué au yoyo avec moi.

Ce n’est pas à cause du sujet du christianisme. Même si je suis loin de tout ça, de ce soi-disant Dieu, de ces croyances incroyables, je suis une femme toujours curieuse, toujours prête à écouter, toujours prête à être convaincue.
Non, pas à cause du christianisme, qui n’était d’ailleurs pas le seul sujet.
La question du personnage était liée à d’autres. Mission et mystique… Croire en un Dieu, le servir de toute son âme tout en mettant les mains dans le sang, dans le non-conformisme religieux… La dualité humaine, c’était le vrai message de cette soirée. Celles et ceux qui me suivent régulièrement savent que c’est un sujet qui aurait pu me plaire à 100%.

Mais je ne sais pas. Ca n’a pas matché. Décousu, un peu trop long, peut-être un peu fatiguée aussi… j’ai décroché.

Il y a des soirées comme ça. Mais ce ne sont pas de « mauvaises » soirées. Ne pas aimer un spectacle est forcément une petite déception, mais, comme je le disais encore mardi soir, ne pas aimer est aussi constructif qu’aimer. Il permet de se situer. De se trouver. De (se) comprendre aussi.

Très sincèrement, je ne vous dirai pas « allez-y, vous verrez c’est génial ». Mais je ne vous dirai pas non plus de ne pas y aller, pas sur ce spectacle-là. « Mission » a plu à mes 4 invitées (lire plus bas). Les quatre ont eu des réserves, moins que moi, mais cela ne les a pas empêché de passer une jolie soirée. Je n’ai pas aimé, je n’ai pas détesté.

C’est peut-être ça d’ailleurs, le plus déstabilisant, le plus curieux, le plus inconfortable pour moi : de rester dans le « milieu », dans le ni-nul-ni-super, de rester dans le moyen. C’est inconfortable le moyen.

Bon.. et puis l’après-soirée était top, alors…

Je vous laisse avec quelques extraits :

« On ne peut aimer la vie que si on ne trouve pas grave de mourir. On ne peut aimer donner si on ne trouve pas grave de perdre. »

 » Il ne faut pas avoir peur d’avoir peur, on a peur quand même. Il ne faut pas avoir peur d’être seul, on est seul quand même. »

« Prendre la vie comme elle vient… lui faire confiance. »

« On veut toujours tout, mais quand on sera mort, ça sera toujours rien. »

chris-mission

 

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