Mes rencontres

MA RENCONTRE AVEC GRAND CORPS MALADE… TOUCHER L’INSTANT

9 mars 2014

 (Vous avez trois options > 1/ Lire ma rencontre 2/ m’écouter vous la raconter grâce à la version audio que vous trouverez plus bas 3/ m’écouter en lisant mes mots…)

 

Une soirée d’extraterrestres avec, ce matin, la tête qui va avec.
#dormi2h30

Voilà mon tweet lancé jeudi matin, après avoir passé la soirée avec Fabien Marsaud alias Grand Corps Malade…

Oui, je sais, il suffit d’écouter ses textes pour se rendre compte que l’on a affaire à une personne singulière, mais je vous avoue que je ne pensais pas du tout que cette rencontre allait être aussi spéciale.

L’histoire a d’ailleurs commencé « spécialement », par un message privé sur Twitter. Grand Corps Malade, par la magie des tweets et des retweets, est tombé sur mon texte « Parce que par ceux qui » et a voulu me féliciter pour mes mots. #joie

ladyblogue-grand-corps-malade-rencontre (6)On a continué à échanger, à papoter, sur le fil électrique des réseaux. Et puis un concert à Brest, à la Carène, le 5 mars. « Tu veux venir ? », « Oui. On se voit après ? », « Oui, bien sûr, on ira boire des coups ».

Je ne connaissais pas bien son travail, voire pas du tout. Je voyais bien le style, le slam, je voyais bien son phrasé, sa voix grave, mais très peu les textes. Alors, j’ai écouté. Album « Funambule » principalement.  Plusieurs fois. Beaucoup. Beaucoup. Décortiqué.

Je ne voulais pas me renseigner sur le personnage, lire sa bio, des articles de presse, des billets sur des blogs, savoir le pourquoi du comment du bonhomme. Nan. Je voulais aller au RDV vierge de tout ça, pour que la rencontre soit à peu près « égale ». Comme une rencontre de la vie de tous les jours.

Se découvrir, ensemble, sur le même pied d’égalité. Ou presque…

ladyblogue-grand-corps-malade-rencontre (12)Concert à la Carène. Premier étonnement, la salle n’est pas blindée. Il y a du monde, oui, mais j’aurais pensé que Grand Corps Malade jouerait à guichet fermé. Ce qui est le cas presque dans toutes les villes. Mais à Brest, non. Allez comprendre… Deuxième étonnement, les gens. Je m’attendais à un public beaucoup plus jeune (les putains de stéréotypes que l’on a sur le slam…), ou en tous les cas majoritairement jeune. Et ben non, pas du tout. Beaucoup de têtes grises. Devant moi, y’avait même une mamie, venue au concert avec son petit siège pliant, comme au tour de France.

Je souris. J’aime ce mélange. Cette multitude de visages… des lisses, des ridés, des huppés, des populaires. Cette capacité à réunir au-delà de tout est un bon signe sur ce qui m’attend. Ca me rappelle quelqu’un

Le concert commence. Les titres de l’album Funambule défilent, et j’en découvre d’autres. Le concert oscille entre gaieté, détermination, fantaisie, bouleversement et pertinence. Je suis frappée par la diction impeccable de Fabien, pas un seul mot écorché de la soirée. « Il faut bien dormir… ».

Je suis dans la fosse, à quelques mètres et j’écoute ce grand mec. Il rayonne, il sourit, il rend ses textes lumineux et ses textes le lui rendent bien. Il jongle avec les mots comme un jongleur de feu. Ca réchauffe, ça enflamme, ça crépite, ça brûle parfois, ça embras(s)e toujours.ladyblogue-grand-corps-malade-rencontre (3)

En venant au concert, j’étais plutôt cool à l’idée de rencontrer Grand Corps Malade. Pas d’appréhension particulière, pas de stress notable. Après le concert, ça a été légèrement différent.

Fabien venait de me donner une grosse claque. La belle gifle qui fait rougir la peau, qui fait monter le sang.  Une de ces gifles que l’on demande et redemande. Que l’on recherche, que l’on quémande. Que je quémande… Une de ces gifles qui électrise, qui nous branche un peu plus à l’essentiel.

Le funambule à béquille venait de toucher l’âme de la funambule de l’instant.  

(••• ATTENTION ••• IMPACT… ••• BOUM ! ••• TOUCHÉE ••• )

ladyblogue-grand-corps-malade-rencontre (13)Moments de dédicaces dans le hall de la Carène. Les fans se succèdent, autographes et photos. Il y a du monde, trop sans doute.  Je sens que Fabien est pris entre une générosité intrinsèque et une envie de se poser un peu.

Il se lève. S’apprête à partir. Il est face à moi, me sourit, « Delphine ? », on s’embrasse. Il m’embarque. Je les suis, lui et son producteur, dans les loges. Un whisky pour lui, une bière pour moi. Les premiers instants – comme tous les premiers instants… – sont hésitants et pudiques.ladyblogue-grand-corps-malade-rencontre (5)

Je le regarde, je l’écoute, les musiciens débarquent, viennent dire « Au revoir, à vendredi ! ». Puis c’est au tour d’une asso de bénévoles en soins palliatifs de venir saluer l’artiste. Fabien prend le temps, discute, pose des questions. Les gens partent, les proches arrivent. Une grappe de mecs. Ambiance.

On décide de bouger. Direction Le Vauban. On me dépose à ma voiture, Fabien monte avec moi et voilà que je roule dans Brest avec Grand Corps Malade à mes côtés. Ça pourra paraître dingue pour certains d’entre vous, mais étrangement pas pour moi. Il est là, dans ma bagnole, comme un pote. Ou non, pas comme un pote. Comme une normalité, une logique. Étrange.

ladyblogue-grand-corps-malade-rencontre (9)La parenthèse Vauban va être exceptionnelle. Une soirée inouïe, complètement surréaliste. Des rencontres, des personnages, des discussions, des phrases lancées, des shooters, des rires, des sketchs, des joues qui se retiennent (mille pensées pour le fabuleux Jean-Rachid Le Fou), des jeux de rôles, des connivences, des complicités, des silences éloquents… J’aurais des tonnes et des tonnes de choses à écrire si la discrétion me le permettait.

Et puis la seconde parenthèse.
La plus intense.
En tête-à-tête jusqu’à presque 4h du matin.
Une autre dimension.
Mais, là encore, il y a des choses qui ne se disent pas. Il y a des choses qui ne se verbalisent pas. Une autre dimension je vous dis. Où les mots ne règnent plus. Où les souffles prennent toute la place. Suspendus à un fil.
Il y a des choses qui ne se disent pas. Ou peut-être seulement aux oreilles des fleurs rouges de Bernard Buffet.

Fabien, kissU.

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Commentaires

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3 Comments

  • Reply Babzy 11 mars 2014 at 13 h 25 min

    Bientôt le concert à Besançon… 🙂

  • Reply Maud 23 mars 2014 at 20 h 37 min

    j aimais l’homme avant de lire son livre maintenant je l’ADORE….. merci Delphine pour ce beau moment de partage. <3

  • Reply C'est quoi Twitter ? #19 @Ladyblogue 21 août 2014 at 7 h 28 min

    […] (la rencontre de Ladyblogue avec Grand Corps Malade : ladyblogue.com) […]

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