UNE HISTOIRE DE FEMMES : BLUFFANT !

8 août 2013

Deuxième expérience dans le cadre de mon partenariat avec la Maison du Patrimoine de la ville de Quimper. Après la visite-conte de la ville du lundi 29 juillet, voici le spectacle « Une histoire de femmes« .

Même mécanique que pour le précédent, j’ai posté un event sur ma page facebook. Inscriptions. 20 places en tout, 20 inscrits (ouais, j’ai eu du rab…). Certains étaient déjà là à la visite du 29 juillet, d’autres déjà là au Pinknic de samedi, d’autres sont tout nouveau.

RDV au bar le XXIe sur la place Saint-Corentin, histoire de prendre un verre, de papoter, de faire connaissance avec les « nouveaux ». La table s’agrandit au fil des arrivées (au grand dam de Jessica, jolie et adorable serveuse).

21h. Nous sommes devant la chapelle. Nous sommes 18 sur les 20 prévus. A l’entrée, on nous distribue des masques noirs, du genre de ceux qu’on trouve dans les avions, les masques de nuit.

J’entre dans la chapelle, j’avance mon masque à la main, lumières tamisées. J’aperçois des chaises, installées en cercle, tournées vers l’extérieur. Des gens sont déjà installés. Le groupe « Ladyblogue » avance et s’installe à son tour. Je ne sais pas comment le sentent les « autres » mais moi à cet instant, je me demande vraiment ce qui nous attend. J’avais fait exprès de ne pas me renseigner sur le spectacle. En tous les cas, je n’en savais pas plus que ce que j’avais pu écrire sur ma page Facebook. J’aime trop les surprises pour ça. Et puis, en même temps, je n’étais pas tenté d’en dire plus à mes invités puisque moi-même je ne savais quasi rien.

Nous voilà tous assis. Ca parlote dans tous les sens, forcément. Et puis la bande-son démarre. Un homme nous demande de mettre nos masques. Tout le monde s’exécute.

Le « spectacle » commence.

Des notes de violoncelles.

Une première voix de femme.  La veuve Boustouler, sauveuse du Santig Du. Pendant la Révolution Française. La première histoire sur les cinq du spectacle. Cinq histoires de femme sous différentes périodes.
Après la Révolution Française suivront le XIXe (une jolie histoire d’amour) et le début du XX e siècle (Valéria, femme aux origines espagnoles, raconte la création du théâtre Max Jacob), la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale (avec la célèbre résistante Alice Richard) pour terminer à l’époque contemporaine (une étudiante jouant dans le bagad Penhars). Cinq femmes, cinq époques charnières.

Le son virevolte d’enceintes en enceintes, il tourne tout autour de nous.

Au tout début, les yeux bandés, les images s’offrent difficilement à moi. Certainement déstabilisée par ce sens interdit. A la première histoire, je n’arrive pas à me mettre dedans. Je crois que je pensais « trop » à ceux qui m’accompagnaient. Je me demandais comment ils appréhendaient le truc, si ils allaient aimer, où le spectacle voulait m’amener. Et puis, c’est venu…

Je plonge, je respire ces voix, je m’imagine, je suis ces femmes dans leurs joies et leurs douleurs. Je les suis à travers les rues, les anecdotes, les détails historiques. J’ai les images devant les yeux. J’aime les bruitages qui accompagnent les voix, les textes. La femme qui aiguise son couteau, celle qui se lave le visage, celle qui couche sa plume sur le papier… Je vis les sons, parfois festifs, souvent douloureux. Deux passages – « laissez-moi entrer » et le « coupez-moi les mains, coupez-moi la langue » – m’ont donnés des frissons. Si le premier avait duré, je pense – je pense… – que j’aurais soulevé mon bandeau. Trop oppressant, angoissant, difficile à vivre. Je suis une hyper sensible…

Le spectacle se termine. Comme les autres, je retire mon masque. Et là, comme les autres, j’ai les yeux ronds de surprise. Au centre du cercle se trouvent une violoncelliste, Sophie d’Orgeval, comédienne, deux autres personnes, des micros de différentes tailles et différents objets du spectacle.

Et je comprends, et on comprend tous. Ce que nous venons d’écouter, les différentes voix, la musique, les bruitages, n’était absolument pas enregistré. Pas de bande son. Que du live, du direct.

Je ne sais pas quoi dire. Je suis subjuguée par une telle performance. Comment ont-ils pu nous avoir à ce point ? Comment n’avons-nous pas deviné le truc ? Comment n’avons-nous pas senti que le violoncelle était juste là ? Comment les comédiens (Sophie d’Orgeval qui faisait toutes les voix féminines, et l’homme qui faisait les textes d’introduction) ont-ils réussi à dire leurs textes avec autant de fluidité, sans jamais – jamais, pas une seule fois durant tout le spectacle – accrocher un seul mot ?

Je suis bluffée. Je les regarde tous, les détaille des pieds à la tête. Je me remémore le spectacle, les différentes parties. Je vois le récipient d’eau, le papier, le crayon, les clés, la bouteille de vin, le verre. Je comprends qu’en plus du texte, qu’en plus de la musique, je comprends que tous les bruitages étaient également réalisés en live. En live, juste à côté de nous, juste au centre du cercle.

Bluffée.

Le spectacle en lui-même est bien pensé et les histoires de ces cinq femmes à travers cinq époques marquantes de l’histoire quimpéroise sont bien trouvées (peut-être une petite longueur à un moment donné sur la Valéria qui traverse toute la ville pour rejoindre le théâtre). Les éléments historiques s’intègrent bien à ces histoires vivantes. J’insiste sur le mot « vivantes ». Car c’est ce que l’on ressent en écoutant ces histoires. Je ne les ai pas vécues comme passées, comme « faits historiques », mais comme bien présentes, toutes proches, juste là. Vivantes.

Et puis un sentiment de magie s’offre à la fin du spectacle. Cette découverte invraisemblable car logiquement impossible. Comme un tour de magie qui nous intrigue, nous surprend, un tour que l’on ne comprend pas.

Nous sommes sortis de la chapelle, tous plus étonnés les uns que les autres. Encore perchés sur ce fil inconscient.

Certains sont rentrés. D’autres ont suivi. Soirée crêpes, place au Beurre, cette place où l’on venait jadis acheter – et goûter à l’aide de ses épingles à cheveux – le beurre.

Nous avons ri. Tellement.

Des soirées comme ça, j’en redemande.

 

Un album photo facebook de la soirée existe juste ici.

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Quelques mots sur mon partenariat avec la Maison du Patrimoine de la Ville de Quimper
La Maison du Patrimoine de la ville de Quimper m’a contactée pour monter ensemble un partenariat. La donne est simple : je deviens une invité VIP sur tous les événements qu’ils organisent ; et de mon côté, je donne (ou non) ma vision des choses. La Maison du Patrimoine me laisse carte blanche sur tous les billets écrits (ou non) sur ce partenariat. Pas de relectures, pas de « direction rédactionnelle », rien. Je choisis de faire – ou de ne pas faire – un retour, et dans le cas où je fais un retour, je choisis son contenu. Si j’ai aimé, si je n’ai pas aimé.

Pas de publireportage donc, mais une collaboration entre une blogueuse et une institution aimant leur ville et souhaitant la faire découvrir/partager/aimer/toussa avec ses visiteurs.
Pour tout cela, je les remercie chaleureusement.

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