MA RENCONTRE AVEC OLIVIER BELLIN, CHEF 2 ETOILES // L’humeur de Ladyblogue #5 pour Ouest-France

28 novembre 2012

Ma rencontre avec Olivier Bellin, chef 2 étoiles...

Ça a failli ne pas arriver. C’était très mal parti. Un sms lâché, une conversation téléphonique à l’heure où tout le monde dort. Rude. Rocailleuse. Sévère.

Et puis le temps de la réflexion, de s’informer sur moi, le temps de savoir que j’étais celle qui avait écrit sur son blog ce fameux billet sur l’Auberge, et il a accepté de me rencontrer. RDV, 18h30 au Petit Zinc.

J’aime beaucoup cet endroit.

Je suis arrivée la première.

Je ne voulais pas découvrir la personne connue, il me suffisait pour ça de surfer sur le web, de lire quelques interviews et deux-trois critiques. Je voulais plus que ça. Je voulais gratter derrière ces étoiles, découvrir la chair, sentir l’odeur, comprendre la voix.

Il est arrivé, enroulé dans son caban, sauvage. Il n’aimait pas les bloggueurs, il m’avait prévenue. Mais ce n’était ni Ladyblogue, ni la chroniqueuse qu’il avait en face de lui, mais bien Delphine, la femme.

Je l’écoute. Mon cerveau prend des notes. Je scrute les moindres détails de ses yeux. Il sent que je suis vraie, il sourit. Il est comme son pays, comme je l’ai dit dans mon tout premier billet pour ce journal, « secret et imprégné d’échos ». Il se livre à demi-mots. Toujours à demi-mots, mais il se livre quand même. Nono, son enfance, les 25 ans du Louis XV de Ducasse, sa découverte imposée du métier, son travail, son « Plomo ». Je garde pour moi les confidences.

La plaisanterie côtoie l’autorité ; le compliment, la critique ; la confiance, le doute. Il est un homme pris dans sa dualité. Seule la détermination n’a pas son contraire…

On est loin des émissions de télé-réalité qui tentent de nous faire croire que c’est simple, rapide, que c’est « que du bonheur ». Les yeux brillent de fierté, oui, mais aussi d’épreuves. Paradoxe cinglant entre plaisirs et souffrances.

La soirée se terminera tard.

Quand je le quitte, sur les bords de l’Odet, j’ai la sensation d’avoir rarement rencontré quelqu’un d’aussi breton que lui, «(…) Breton comme il n’est pas permis de l’être.*»

Je le redis, ce mec-là est le Xavier Grall de la gastronomie.

Olivier Bellin ne mériterait pas une troisième étoile, mais une constellation.

 

L’Auberge des Glazicks d’Olivier Bellin : aubergedesglazick.com

 

Commentaires

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2 Comments

  • Reply Yoba 30 novembre 2012 at 14 h 13 min

    Finement analysé. C’est VRAIMENT lui. Bravo.

  • Reply Ladyblogue 2 décembre 2012 at 18 h 21 min

    Merci beaucoup…

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